Selon un article du quotidien Pravda, l’une des grandes entreprises chinoises du secteur du bâtiment s’apprête à implanter prochainement son unité de production dans le village Krajné à l’Ouest de la Slovaquie. Elle veut y mettre à profit une invention originale slovaque qui consiste à transformer des déchets textiles provenant des véhicules automobiles mis à la casse en une isolation thermique et phonique. Les Chinois seraient ravis de l’habileté et la créativité des Slovaques. Ce cas n’est pas isolé. La qualité des produits portant la marque « Made in Slovakia » est de plus en plus appréciée dans le monde.
Témoigne de cela, le fait que de nombreuses sociétés qui envisageaient un éventuel transfert de leur activité entrepreunariale hors de la Slovaquie ont fait marche arrière craignant que le bénéfice réalisé grâce à la délocalisation ne puisse compenser la perte de la qualité. À titre d’exemple, la société Delphi qui n’a pas supprimé son unité de production près de Senica ou Volkswagen, content de produire dans son usine de Bratislava les Touaregs dont le marché chinois est extrêmement friand. Et l’on peut ajouter que la qualité du travail des fabriquants slovaques des composants pour l’industrie automobile fait qu’ils ne rencontrent pas souvent de réclamations de la part de leurs clients. Un autre point joue en faveur de la Slovaquie : plusieurs pays réputés pour le bas prix de leur main d’œuvre perdent progressivement cet atout. « D’habitude, on ne se rend pas compte que le salaire moyen dans les secteurs industriels en Chine est de plus de 400 euros mensuellement », constate Michal Valentík, chargé des stratégies d’investissement chez Generali PPF Invest. Ce qui fait qu’un nouveau phénomène est né : selon le site CNN Money, au cours des dix-huit derniers mois, le nombre de sociétés américaines qui relocalisent, c’est-à-dire qu’après avoir délocalisé leur activité, elles retournent aux États-Unis, a doublé. Parmi les motifs de cette décision figurent la qualité du travail, l’évolution du coût de la main d’œuvre ainsi que la proximité de la clientèle. Dans ce contexte, on peut dire que les Slovaques continuent de disposer d’un atout concurrentiel : pour une qualité du travail comparable à celle des pays occidentaux, le coût de la main d’œuvre y est moins élevé que dans ces derniers. Pour ne pas sortir cette information du contexte, il faut dire que c’est ce rapport qualité-prix qui fait que les sociétés étrangères installent en Slovaquie des unités de production plus spécialisées et nécessitant une main d’œuvre qualifiée, le coût de la main d’œuvre non-qualifiée étant nettement plus avantageux dans d’autres pays comme la Roumanie. C’est aussi l’une des raisons pour laquelle le chômage dans notre pays concerne tout particulièrement cette dernière catégorie de travailleurs. Ajoutons enfin qu’en 2013, 2.179 sociétés et entrepreneurs provenant de l’étranger sont venus dans notre pays dont 286 personnes physiques, le reste étant les personnes morales. Durant les onze mois de l’année précédente, ces investisseurs ont injecté près d’un milliard d’euros dans le développement de leur activité.