Le compte à rebours du Brexit est lancé. Quelle qu'en soit l'issue, quels que soient les termes du divorce, la question se posent pour les Slovaques installés en Grande-Bretagne : faut-il rester ou partir. Si certains ne craignent pas le Brexit, d'autres envisagent leur retour en Slovaquie.
Certains Slovaques travaillant et vivant en Grande-Bretagne, ne craignent pas vraiment le Brexit qui s'approche. Ils estiment que les changements annoncés ne les touchent pas encore vraiment. Beaucoup d'autres envisagent de faire leur valise et de rentrer à la maison, en Slovaquie.
Beaucoup de bruit pour rien ?
Mária Solárová travaille dans le secteur du numérique. Elle affirme ne pas encore savoir ce qui se passera après le 29 mars : « Ça ne me touche pas encore personnellement, il semble qu'il ne se passera rien. » Andrea travaille à Londres dans le domaine de la comptabilité. Elle a posé ses bagages au Royaume-Uni il y a 18 ans, quand elle est arrivée pour étudier : « Il semble que la situation change depuis les derniers mois, dit-elle, c'est pourquoi j'envisage de rentrer à la maison. » Selon elle, chacun réfléchit sur les conséquences du Brexit en Grande-Bretagne. La Slovaque Dominika Koštialiková vit à Londres depuis 2013. Elle évoque le stress de l'après-référendum :
« Quelques mois après le référendum, explique-t-elle, la situation était vraiment incertaine et personne ne pouvait prévoir ce que le Brexit voudrait dire pour les gens ordinaires. Ce fut une période très stressante liée surtout avec la question migratoire qui a influencé en grande partie les résultats du référendum. »
Persona non grata !
Dominika aurait eu la sensation de devenir une personne indésirable à cette époque au Royaume-Uni. Plus tard, lorsque la situation s'est calmée, et que le gouvernement britannique a apporté une vision concrète des droits dont les citoyens de l'Union européenne jouiraient en Grande-Bretagne après le Brexit, ses craintes ont disparu :
« A présent, je réside depuis plus de cinq ans dans le pays, ce qui est une durée de séjour suffisante pour que les Britanniques ne puissent pas ''m'expulser'' comme ça, assure-t-elle. »
Elle ajoute qu'elle compte rester encore deux ans au maximum, et qu'ensuite, elle serait contente de rentrer en Slovaquie, voire de poursuivre ses études dans un autre Etat membre de l'Union européenne.
« Les Anglais ne feront jamais ce que font les immigrés »
Michal étudie l'informatique à l'Imperial College de Londres et ne s'inquiète pas de l'avenir : « Il semble que le gouvernement anglais et aussi notre université essayent de faire en sorte que l'on reste, affirme Michal, parce qu'une grande partie des intellectuels est justement constituée des étudiants de l'étranger. C'est pourquoi il est pour eux important que nous restions aux mêmes conditions qu'auparavant. » Même son de cloche de la part de son camarade Adam, qui fait les mêmes études.
Martina est employée dans le secteur bancaire à Londres. Elle est convaincue que la situation des Slovaques dans le pays empirera après le Brexit. C'est aussi la raison pour laquelle elle préférerait rentrer en Slovaquie et y trouver un bon travail. Le Slovaque Jaroslav Rezničák juge quant à lui que le Royaume-Uni « ne peut se permettre de renvoyer des milliers de gens du pays, parce qu'ils n'auront plus personne pour faire marcher leur économie ». Selon lui, les Anglais ne feront pas ce que font les « immigrés ».
La date prévue du Brexit reste le 29 mars 2019. Il n'y a toujours pas d'accord entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne. Et pour les Slovaques installés à Londres, le dilemme est cornélien : rester ou partir, il faudra choisir.
tasr