Si le scénario de plus en plus probable d'un « Brexit dur » se dessine, il sera nécessaire d'effectuer deux changements législatifs sur le marché du travail. L'un concerne la politique de l'emploi et l'autre la couverture sociale. C'est ce qu'a constaté le ministre du travail dans les médias. Ján Richter veut croire que le Brexit n'aura aucune influence négative sur les citoyens slovaques. Néanmoins, en « bon gestionnaire », il faudrait se préparer aussi au pire.
Un Slovaque sur cinquante vit en Grande-Bretagne
Le Premier ministre Peter Pellegrini a tenu lundi une réunion de coordination sur le Brexit dur en liaison avec le ministère des affaires étrangères. Pour le ministre du travail, il faudrait faire des changements législatifs. Selon la députée Soňa Gaborčáková du parti d'opposition OĽaNO, le Brexit poserait des problèmes à deux niveaux, pour les entreprises et les personnes. Et il faudrait s'y préparer :
« J'attends des finances publiques la création de nouveaux postes de travail, idéalement coordonnés si possible avec les fonds européens. »
Selon monsieur Richter, les citoyens de la Grande-Bretagne, qui travaillent en Slovaquie, devraient jouir des mêmes droits que les citoyens de l'Union européenne :
« En même temps, nous attendons la réciprocité de la part de la Grande-Bretagne, afin qu'elle adopte les mêmes dispositions à notre égard. »
Les citoyens britanniques ont décidé de quitter l'UE à l'issue du référendum de 2016. L'accord sur ce départ, qui a été négocié pendant des mois, a été rejeté par le parlement britannique à une majorité écrasante. Qu'est-ce que cela signifie pour l'expert Vladimír Bilčík ?
« Cela signifie que nous sommes revenus à notre point de départ, nous ne savons toujours pas si et sous quelles conditions la Grande-Bretagne s'en ira, et quel Brexit nous attend. Cela signifie que la scène politique britannique est traversée par une grande crise et en déliquescence ; et pour tout ce qui concerne le lien avec l'UE, il sera très difficile que se dégage une majorité quelle qu'elle soit. »
Selon l'expert, la discussion entre la Grande-Bretagne et l'UE n'a pas abouti jusqu'ici à une réponse claire sur ce que les Britanniques voulaient vraiment. Et cela aurait des conséquences très concrètes aussi pour la Slovaquie. Trois scénarios sont envisagés par le président du Conseil européen Donald Tusk : un Brexit sur base d'un accord, aucun Brexit, et un Brexit sans règles, soit le Brexit dur.
« Nous sommes mariés avec les Britanniques depuis 1973, et cette union va se solder par un divorce le 29 mars. Et nous ne savons même pas sur base de quelles règles nous fonctionnerons après la fin de ce mariage ».
Et de souligner tout de même que si l'accord a été rejeté par le parlement britannique, celui-ci se trouvait « toujours sur la table, et qu'il était toujours possible de le voter et d'en débattre », mais « que les Britanniques devraient envoyer un message clair ». Il rappelle un chiffre :
« Environ un Slovaque sur cinquante vit en Grande-Bretagne. Ces personnes veulent être assurées de savoir quel sera leur statut après le 29 mars, leurs droits, leur situation économique. Nous devons envoyer un signal clair à nos citoyens sur la façon dont nous les protégerons. »
Il appelle à une résolution de ces questions au niveau bilatéral. « Le gouvernement devrait communiquer clairement sur notre stratégie, sur la façon dont nous sommes préparés et sur la façon avec laquelle nous sommes capables d'aider nos concitoyens qui vivent en Grande-Bretagne et tous ceux qui voyageront après le 29 mars. »
tasr