Les Eglises jouent un rôle très important dans la société slovaque. Il est donc normal qu’ elles s’expriment à propos des questions concernant les valeurs humaines ou qu’elles critiquent le gouvernement quand elles ne sont pas d’accord sur certaine des ses attitudes, décisions, ou autres prises de position.
Mais si ces Eglises essaient de s’impliquer directement dans la vie politique du pays et faire des recommandations aux électeurs leur signifiant pour qui voter ou contre qui voter, selon le premier ministre, c‘est là une attitude incorrecte. Robert Fico l’a déclaré lors de son dernier débat télévisé, dont le thème s’inscrivait autour de la Lettre du berger des évêques slovaques.
« Notre Constitution stipule que la Slovaquie est un pays démocratique qui n’est lié à aucune idéologie ni religion, » a déclaré Robert Fico. « En tant que premier ministre je mène avec les Eglises un dialogue approprié dans l’esprit qui convient. Je voudrais que ce dialogue se poursuive sans ingérence mutuelle quant aux compétences et droits. Si des représentants des Eglises se permettent de faire des recommandations politiques, je les considérerais comme abus de pouvoir. »
A la question de savoir si suite à la publication de cette lettre du berger par la Conférence épiscopale, les relations qu’il entretenait avec les Eglises s’étaient altérées, Robert Fico a répondu par la négative. Concernant un entretien récemment publié dans lequel il s’exprimait quant à sa confession il a dit qu’en cela il récapitulait les faits de son enfance. « Entre autres, j’ai dit que je suis d’une famille ayant une conscience catholique. Comme chaque garçon du village, j’ai été baptisé, j’ai fait ma première communion, j’étais confirmé. Mais cela ne signifie pas que je suis automatiquement d’accord avec toute opinion de l’Eglise catholique. Par exemple, je trouve convenable et pertinente notre loi sur l’IVG que l’Eglise catholique s’efforce de faire grandement amender dès que l’occasion s’en présente. Si nous décidions de revenir sur cette loi dans le sens voulu par l’Eglise catholique, cela entraînerait inévitablement les femmes slovaques à avoir recours à des médecins à l’étranger, créant ainsi une sorte de marché noir. C’est à la femme de prendre cette décision. Et de plus, je veux faire observer que le nombre de ces IVG est en baisse constante. »
source : TASR