La scène politique slovaque s'est retrouvée partagée et bouleversée après lamédiatisation de l'enlèvement d'un homme d'affaire vietnamien, accusé de corruption dans son pays alors qu'il était en Allemagne où il avait demandé l'asile. La Slovaquie est accusée dans cette affaire d'avoir contribué à transporter ce Vietnamien à bord d'un avion gouvernemental slovaque en même temps qu'une délégation officielle vietnamienne qui était à l'époque en visite officielle en Slovaquie. La relation détaillée de l'enlèvement avec l'assistance de la police slovaque et l'utilisation d'un avion gouvernemental a été publiée par le quotidien « Dennik N », le 2 août dernier. Auparavant, les médias allemands avaient rapporté que leurs enquêteurs ne doutaient pas que lors de l'enlèvement, l'avion spécial gouvernemental avait été utilisé.
Andrej Danko, le président du Parlement slovaque apprécie les mesures prises par le bureau du procureur général pour vérifier les informations des médias. Il est très important, selon lui, que ces choses ne soient pas politisées et que personne n'en abuse pour son profit personnel ou sa propagande politique. Il a fait remarquer qu'il s'agit du bon renom de la Slovaquie et qu'il est nécessaire d'aborder cette affaire avec un grand discernement.
Le vice-président du Parlement Martin Glvac déclare que si l'information fournie par les médias est confirmée, c'est plus qu'un problème grave. En tout cas, c'est une affaire sensible. A ce stade, nous ne savons pas si les noms et les personnes dont les médias parlent existent réellement et la validité des informationspubliées doit d'abord être prouvée. Selon lui, tout comme il nous faut savoir ce qui se passait en Slovaquie, il est nécessaire d'obtenirles réponses de la partie allemande qui sont tout aussi importantes, par exemple, pourquoi n'a-t-elle pas partagé les informations sur l'enlèvement dans le cadre du système d'information Schengen, ce qui aurait évité le déchainement detoute cette affaire. « Nous devons savoir non seulement ce qui a été fait dans notre pays, mais aussi si les autorités allemandes ont échoué », a-t- il ajouté.
Pour Robert Fico, l'ex-premier ministre et chef du parti gouvernemental SMER-SD, ceci est une autre attaque montée contre le gouvernement, sa coalition et en particulier le parti majoritaire Smer-SD. Selon des déclarations, le tiers-secteur qui est anti-gouvernemental, l'opposition et le Président Kiska redoutent les élections législatives démocratiques parce qu'ils savent ne pas être en situation de les remporter. Par conséquent, sans passer par l'étape d'élections démocratiques, ils essaient de faire pression sur le gouvernement et de prendre le pouvoir. Il pense que la nouvelle affaire s'inscrira dans la lignée des abus politiques du meurtre du journaliste d'investigation et de sa compagne;
Robert Kalinak, ministre de l'intérieur à l'époque de l'enlèvement est prêt à se soumettre à l'épreuve du détecteur de mensonge pour prouver qu'il n'avait rien à voir avec l'enlèvement de l'entrepreneur vietnamien l'année dernière. Il a réitéré que les informations publiées dans le quotidien «Dennik N» sur le processus d'enlèvement sont des mensonges absolus et monstrueux. Kalinak considère même l'article en lui-même comme une attaque contre l'institution publique et sa personne. « Nous nous défendrons avec tous les moyens disponible », a-t-il ajouté
Les plus forts partis de l'opposition SaS et OLaNO demandent que soient ouvertes des poursuites judiciaires contre l'ex ministre Kaliňák et le chef du protocole de ce département, Radovan Čulák et réclament la démission pure et simple du gouvernement de Peter Pellegrini. Ils attendent que l'enquête soit menée promptement par les enquêteurs. Ils insistent à ce que tous les policiers impliqués dans l'affaire soient rapidement identifiés et bénéficient d'une protection accrue.
Selon la présidente du parti OLaNO Veronika Remišová, il est inacceptable que notre gouvernement prenne part aux enlèvements et soit manipulé par les services secrets des pays en voie de développement. « Abuser des services d'un hôtel gouvernementalet d'un avion du gouvernement pour des opérations de services secrets étrangers viole de manière flagrante la souveraineté de la Slovaquie », estime-t-elle.
Selon ses propos, l'ex ministre Kaliňák et tous ceux qui ont dissimulé l'enlèvement ont été en capacité de commettre d'autres actes délictueux. Le procureur général Jaromír Čižnár devrait immédiatement désigner une équipe d'enquêteurs et commencer à agir. S'il est passif comme auparavant, cela veut dire qu'il couvre cette affaire. Le chef doit agir immédiatement s'il y a des soupçons. Et pas après que les médias ou l'opposition ne le mettent en garde. Elle est donc convaincue que le Premier ministre et l'ensemble du gouvernement devraient démissionner représentant une menace potentielle pour la sécurité et la souveraineté de la République slovaque. « Ils ont perdu le droit de gouverner. Il semble que Pellegrini ait usé des faux-fuyants vis-à-vis despartenaires allemands et de ses propres concitoyens. Le gouvernement fait honte à la Slovaquie, ce qui nuit à sa réputation », a-t-elle ajouté.