Aux dires du Premier ministre de la République slovaque Peter Pellegrini (Smer-SD), si le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer, pensait refouler àla frontièreallemande des migrants, il y aurait d'autres étapes qui empêcheraient Schengen de remplir sa mission. « Il est probable que l'Autriche introduira des contrôles aux frontières, auxquels nous devrons répondre, pour que la vague de migrants traversant l'Autriche ne soit pas détournée vers la Slovaquie », a déclaré le Premier ministre. Il estime que Schengen ne s'effondre pas, mais l'introduction éventuelle de contrôles aux frontières pourrait constituer un reniement à son principe. Cependant le premier ministre slovaque met en évidence que la situation actuelle révèle en même temps l'erreur de ne pas avoir accordé suffisamment d'attention au cours de la période écoulée pour renforcer la protection des frontières extérieures de l'espace Schengen.
Peter Pellegrini a confirmé que la République slovaque resterait sur sa position du rejet fondamental des tentatives de redistribution des migrants. Il a également souligné qu'il n'est pas juste que quiconque a sérieusement provoqué la situation actuelle par une politique ouverte arbitraire, devenue intolérable, exige la solidarité des tiers.
La Slovaquie, selon Pellegrini, a montré un degré de solidarité et de volonté suffisant pour résoudre le problème de migration. « Nous avons fourni des fonds, des forces de police, des militaires, nous avons renforcé l'agence Frontex, accueilli des familles de chrétiens assyriens, pris en charge des migrants qui attendaient l'examen de leur demande d'asile en Autriche », a-t-il rappelé.
« Mais ce que nous rejetons, c'est que quelqu'un de Bruxelles dicte qui vivra en Slovaquie », a-t-il souligné.
Le premier ministre a informé de l'entretien avec le chancelier autrichienSebastian Kurz, qu'il a eu jeudi 21 juin à Budapest lors de la réunion des Premiers ministres du groupe de Vysehrad (V4) sur les contrôles autrichiens à la frontière Jarovce-Kitsee. « Je lui ai dit ouvertement que je ne vois pas pourquoi ces contrôles se produisent contrariant la qualité de vie et libre circulation des Slovaques qui se rendent en Autriche », a-t- il dit. Si la situation ne change pas même si la situation sécuritaire ne s'aggrave pas et que nous n'avons aucune raison de procéder à de tels contrôles, nous devrons à notre tour envisager d'introduire des mesures réciproques en contrôlant chaque voiture autrichienne venant d'Autriche afin de vérifier si ce pays et ses ressortissants n'exportent pas leurs migrants en Slovaquie », a-t-il dit, précisant que là n'est pas la voie de l'avenir.