Suite à l'assassinat du journaliste slovaque Ján Kuciak et de sa fiancée Martina Kušnírová, la Slovaquie a rétrogradé de dix places dans le classement mondial quant à la liberté de la presse. À l'heure actuelle elle occupe la 27e place. Le classement est dressé annuellement par l'organisation non gouvernementale Reporters sans frontières. Dans le rapport de cette année, les membres de l'organisation expriment leurs inquiétudes sur l'exécution de deux journalistes d'investigation commises récemment à Malte et en Slovaquie. Le jeune journaliste Ján Kuciak a été assassiné à son domicile au mois de février de cette année. Seulement quatre mois après l'assassinat d'une autre journaliste européenne, Daphne Caruana Galizia originaire de Malte. Elle a perdu la vie dans sa voiture dans laquelle avaient été dissimulées des charges explosives.
Le secrétaire général des Reporters sans frontières, Christophe Deloire, attire l'attention sur les actes de haine et de violence commis à l'encontre de journalistes soulignant qu'ils constituent l'une des plus grandes et grave menaces pour la démocratie. Monsieur Deloire dénonce qu'une grande part de responsabilité quant à la situation actuelle en son domaine revient pour beaucoup à des leaders politiques. « Ceux-ci alimentent trop souvent la rancune contre les médias et n'hésitent pas à démentir des faits et des preuves tangibles. En mettant en cause la légitimité des journalistes on joue avec un feu politique extrêmement dangereux. »
Selon l'ONG, Il y a beau temps que l'inimitié envers le journalisme ne concernent plus que des pays autoritaires comme la Turquie, l'Égypte ou autres. Désormais l'hostilité des pouvoirs politiques contre les médias s'intensifie de par le monde et l'Europe ne fait pas exception. C'est notamment avec la naissance des partis politiques populistes qui prolifèrent ces dernières années que les couteaux rhétoriques visant les médias s'affûtent. L'ONG dénonce également les déclarations de l'ancien Premier ministre slovaque Robert Fico dans lesquelles il traite les journalistes de « sales prostituées anti-slovaques » ou de « simples hyènes idiotes ».
À l'issue du conseil des ministres de mercredi matin, la ministre de la Culture, Ľubica Laššáková, a constaté qu'en dépit de la chute significative de la Slovaquie dans le classement de la liberté de la presse, notre pays y occupe une meilleure place parmi les pays faisant partie du V4.
Reporteurs sans frontières dresse annuellement le bilan du degré de liberté des journalistes, bloggeurs et médias dans 180 pays du monde. Depuis 2002, l'organisation fait remplir un questionnaire à des journalistes, scientifiques, juristes et des militants des droits de l'homme. Le bilan de cette année établit que la plus grande liberté revient à la Norvège. La dernière place du classement n'est une surprise pour personne puisque celle-ci est occupée par la Corée du Nord.