Hier, dimanche, les trois plus hauts représentants du sommet de l'Etat le Président de la République Andrej Kiska, le président du Parlement slovaque Andrej Danko et le premier ministre Robert Fico se sont exprimés devant les médias à propos de la situation politique actuelle.
Le Président de la République Andrej Kiska a déclaré vouloir engager dans les jours à venir des entretiens avec les leaders des partis politiques sur l'évolution du climat sur la scène politique en Slovaquie. A ses yeux, les citoyens ont perdu confiance en l'État. Il n'y voit de solution que dans un profond remaniement du gouvernement actuel ou dans des élections législatives anticipées. Il convient d'avoir un gouvernement fort qui ne polariserait pas la société et aurait la confiance au Parlement. Il a déclaré qu'actuellement il ne voit se présenter aucun plan côté gouvernemental capable de faire sortir le pays de cette grave crise de confiance. Le Président a déclaré que quelque soit le mobile du meurtre du journaliste, il manifeste le reflet de la réalité slovaque et de l'état de la Slovaquie après 25 ans d'existence. Il croit néanmoins que l'enquête sur ce double meurtre est menée par l'équipe de policiers la meilleure possible et a lancé un appel aux citoyens de faire confiance aux enquêteurs.
Pour sa part, et en réaction à la déclaration du Président de la République, le président du Parlement slovaque et leader du parti SNS, Andrej Danko, est prêt à mener un dialogue avec le Président de la République et avec le Premier ministre Robert Fico. Il souhaite trouver une solution constructive à la crise politique actuelle. Ce dont la Slovaquie a besoin selon lui est de retrouver le calme. Il a manifesté son éminent intérêt à ce que cette affaire de meurtre d'un journaliste soit élucidée. Il a lancé un avertissement face aux accusations injustifiées proférées à l'encontre de personnes présumées innocentes et face à l'exploitation de cette tragédie. Il fera tout ce qui est en son pouvoir pour que personne ne puisse montrer la Slovaquie sous le jour d'un État mafieux. Il veut lutter contre les conspirations et intrigues.
Le premier ministre Robert Fico, lui aussi, s'est exprimé à propos de la situation politique intérieure actuelle dans laquelle est plongée le pays réagissant aux propos du Président de la République. Il a déclaré que la proposition du Président de la République Andrej Kiska de remaniement gouvernemental constituerait la négation des résultats d'élections législatives démocratiques. Il estime que le Président de la République, par sa déclaration, se place aux côtés de l'opposition appelant à la nécessité d'un coup d'Etat. Il considère que la déclaration du Président Kiska a été rédigée par des personnes incompétentes, ignorantes des traditions constitutionnelles dont les propos sont orientés vers d'autres objectifs que celui de la stabilité du pays. Si un changement doit intervenir au sein du gouvernement il sera le résultat de négociations menées entre membres de la coalition gouvernementale actuelle. Quant à des élections législatives anticipées elles ne peuvent-être décidées qu'avec le vote de 90 députés allant en ce sens. La priorité du Premier ministre reste l'enquête sur le meurtre du journaliste et de sa fiancée.
En réaction à ces déclarations, les partis d'opposition au Parlement mais aussi ceux non parlementaires KDH, Progresivne Slovensko, SPOLU-obcianska demokracia et le parti de la Communauté hongroise SMK soutiennent la proposition d'élections législatives anticipées et se prononcent sur la nécessité de voir le premier ministre et le ministre de l'Intérieur quitter leurs fonctions.