La Slovaquie ne fait plus cavalier seul en matière de refus de quotas que souhaiterait imposer l'Union Européenne de Junker et Merkel. La chancellerie allemande désavouée d'ailleurs lors du dernier vote, qui a vu pour la première fois depuis la fin de la deuxième Guerre mondiale, les nationalistes entrer au Bundestag. Robert Fico l'avait dit et redit lors de la conférence de Salzbourg en août dernier devant son hôte, le Chancelier autrichien Kern, ainsi que devant le Président français, Emmanuel Macron. Les pays de l'Ouest n'imposeront pas leurs lois en matière de quotas mais à l'inverse, il faut compter sur les pays de Visegrad. Et c'est chose faite avec l'élection récente du nouveau Premier Ministre de la République tchèque Andrej Babis. Extrait d'un entretien entre le nouveau Premier Ministre des voisins tchèques et la correspondante permanente du Monde.
Chef du mouvement des citoyens mécontents, arrivé en tête des élections législatives du 20 octobre dernier en République tchèque, Andrej Babis, 63 ans, a été nommé Premier Ministre le 6 décembre par le Président Milos Zeman. Deuxième fortune du pays, Ministre des finances de 2014 à 2017, M. Babis réfute l'étiquette populiste et se définit comme un « pragmatique » qui veut « gérer l'Etat comme une entreprise familiale ». On a déjà entendu cela quelque part...Dans un entretien accordé au Monde au siège de son mouvement, à Prague, il livre son analyse des réticences des Tchèques sur la question des réfugiés et de leur euroscepticisme. Il qualifie l'accusation de détournement de fonds européens dont il est l'objet « d'affaire montée de toutes pièces pour lui nuire ». Extrait de lecture...
Quel message comptez-vous présenter au Conseil européen du 14 décembre pour corriger votre image d'eurosceptique ?
Andrej Babis :Quelle image ? Celle que m'ont fabriquée les médias ? L'image de Berlusconi ? De Trump ? C'est une image mensongère. J'ai une très bonne image d'entrepreneur, surtout en Allemagne, où mon ex-compagnie emploie quelques milliers de personnes. Je suis connu en France, à Mougins [Alpes-Maritimes], grâce à mon ex-restaurant, qui a deux étoiles au Michelin. Eurosceptique ? Il est très paradoxal, au moment où la Grande-Bretagne quitte l'UE, que 66 % des Britanniques se disent satisfaits de l'Union Européenne dans un sondage où les Tchèques, en revanche, apparaissent comme les plus sceptiques. Comment l'expliquez-vous ?
Andrej Babis :D'abord les responsables politiques tchèques ont sous-estimé le rôle de l'Union Européenne dès le début, ils y ont envoyé des camarades du parti qui n'ont pas été à la hauteur. Et puis il y a eu cette affaire des quotas pour les migrants, qui a joué un rôle très important. Peut-être aussi que les politiciens ont mal expliqué à nos citoyens en quoi consiste le projet européen sur l´immigration.
Avec toutefois une différence notoire entre le Premier Ministre slovaque, Robert Fico et le chef du gouvernement tchèque, le premier est en place depuis près de 10 ans et le second vient tout juste d'arriver....
Source: Jean-Daniel Angibaud RSI, Interview de Silvie Kauffmann