La littérature slovaque a perdu son dernier « Sage », la dernière voix qui conceptualisait « la continuité » …
Vladimír Petrík, critique et historien littéraire, a orienté ses recherches, entre- autres, vers les blancs de la littérature slovaque et de son histoire.
L'écrivain et son identité étaient au cœur de sa réflexion :
« Si, au XIXe siècle, l'écrivain se considérait comme la conscience de la nation (et en Slovaquie, même plus tard au XXe siècle), si, à l'époque du socialisme, il se prévalait du titre d'ingénieur d'âme humaine, après 1989, il est devenu entrepreneur en écriture qui n'a plus à faire passer de message 'suprapersonnel'. Ses liens avec la société se sont dénouéssans espoir. Livré à lui-même, il a dû chercher à nouveau son identité ».
Selon Vladimír Petrík, la littérature était le miroir de l'Homme, dans lequel il percevait mieux son reflet. Mais l'Homme le brisa en mille morceaux pour se fuir lui-même.
L'Homme a fait abandonner à la littérature sa fonction de guide et l'a réduite à un jeu, un articlede consommationà l'obsolescence programmée …
« La littérature nous amusait, mais nous parlait aussi des choses essentielles sur la réalité dans laquelle nous vivions. Comme si les auteurs actuels se satisfaisaient de la fabrication de miniatures, comme s'ils avaient peur d'avoir une conception de vie globale sur la « réalité et de l'homme ». Comme si la littérature avait renoncé à sa fonction de découverte que nous considérions comme une de ses fonctions essentielles ».
Vladimír Petrík née le premier mars 1929 est décédé le 19 novembre 2017.
source : G.A.Z. Slovaquitaine