L'Union Européenne parvient à un accord sur le travail détaché

L'Union Européenne parvient à un accord sur le travail détaché

Réunis à Luxembourg, les ministres du Travail sont parvenus lundi soir à trouver un compromis sur la révision de la directive concernant les travailleurs détachés. Les contrats seront désormais étendus jusqu'à dix-huit mois maximum.

L'Union européenne est parvenue dans la nuit à un accord malaisé sur la réforme du travail détaché, une promesse qu'Emmanuel Macron avait placée au cœur de sa campagne présidentielle. La France n'atteint que partiellement son objectif symbolique de limiter à un an les contrats de détachement. Ces contrats pourront être étendus jusqu'à dix-huit mois (mais six mois supplémentaires à la demande de l'entreprise, sur décision du pays d'accueil, pourront être accordés). Six pays ont refusé leur soutien, parmi lesquels la Pologne, la Hongrie, le Royaume Uni (désormais hors-jeu) et l'Irlande.

Paris et Berlin, mais aussi les Pays-Bas, l'Autriche et le Benelux veulent limiter d'emblée la pratique du «cabotage», (qui consiste à charger puis décharger à plusieurs reprises hors de leur frontière. Ils concurrencent ainsi les routiers français et germaniques, dont les salaires et les charges sociales sont plus élevés sur leur territoire) et appliquer le principe d'égalité des salaires dès que la future directive entrera en vigueur. Le débat sur le travail détaché a commencé par opposer l'est et l'ouest de l'UE. Son issue s'est jouée hier soir sur les intérêts contradictoires des pays du centre et ceux de la périphérie.

En fin d'après-midi, un «compromis» de dernière minute poussé par l'Espagne et la France a échoué à réconcilier les Vingt-huit. Il s'est heurté de plein fouet à l'opposition du front oriental et d'un groupe de Visegrad ressuscité pour la circonstance. À la traditionnelle intransigeance de la Hongrie et de la Pologne s'ajoute désormais l'inflexibilité de la République tchèque, après le succès électoral du milliardaire Andrej Babis. Alors que Robert Fico pour la Slovaquie s'était pourtant entendu avec le président français au sommet de Salzbourg en août dernier.

Autour de la table hier soir, beaucoup avaient en tête un précédent passage en force, il y a deux ans: l'introduction de «quotas» de réfugiés, point de départ d'une crise qui dure encore entre les deux moitiés de l'Europe. Il revient maintenant aux vingt-huit États de réconcilier leur projet de directive avec celui des eurodéputés. Le texte du parlement européen fixe une limite de vingt-quatre mois aux contrats de détachement. Une première victoire européenne d'Emmanuel Macron, une première victoire Franco-slovaque de Macron/Fico, toutefois, ce coup-ci, les pays de Visegrad ont une douce revanche avec ce message : évitez à l'avenir d'imposer les ordres d´origine franco-allemands....

J.D.Angibaud Foto: TASR

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