Le procès de Claude Hermant, figure des milieux identitaires lillois, et trafiquant d'armes, a révélé des liens étranges de...

Le procès de Claude Hermant, figure des milieux identitaires lillois, et trafiquant d'armes, a révélé des liens étranges de...

Les liaisons dangereuses entre la gendarmerie et un prévenu français sur fond de trafic d'armes en provenance de Slovaquie. Et la presse française cette semaine qui s´y intéresse, principalement nos confrères de la presse écrite, revue de presse donc pour un trafic d'armes peu banales, puisqu'il a servi en autre à l'attaque terroriste de l'hyper Cacher.

«Sidérant.» L'adjectif a échappé à Marc Trévidic, président du tribunal correctionnel de Lille, lors du procès de Claude Hermant, cet indicateur multi-cartes, figure de l'ultra-droite lilloise, jugé pour trafic d'armes. Il n'est pas le seul impliqué, mais le plus gros poisson de l'affaire. L'enquête a dénombré 470 armes importées illégalement, en provenance principalement de Slovaquie. Elles étaient a priori neutralisées, en vente libre sur un site Internet slovaque, normalement destinées à des collectionneurs, en fait faciles à remettre en état. Six d'entre elles, dont cinq pistolets-mitrailleurs Skorpion, ont été retrouvées auprès du terroriste, juste après l'attentat.

L'ancien magistrat anti-terroriste a dû en voir d'autres. Mais les audiences de cette semaine laissent pantois. Elles racontent en filigrane les liaisons dangereuses entretenues par les douanes et la gendarmerie avec ce personnage trouble, grand manitou des identitaires lillois, ancien mercenaire, fondateur de la Maison flamande, qui organisait régulièrement des week-ends d'entraînement commando dans les Ardennes. Un amoureux des armes, un indic' tout trouvé. Mauvaise pioche, la bombe Hermant leur a explosé à la figure : il reconnaît l'importation des armes, mais affirme être alors en mission d'infiltration pour la section de recherches de la gendarmerie, un appât lancé pour remonter les filières, hors de tout cadre légal. Mais avec l'attentat de l'Hyper Cacher, il aurait été lâché en rase campagne.

Mercredi dernier. Le spectacle était réservé à la presse : un huis-clos partiel avait été demandé pour préserver leur anonymat. Trous de mémoire, contradictions, grands silences. Les dépositions ont un air de sauve qui peut, au fil des questions des avocats. Car au mieux, ils n'ont pas percé à jour Claude Hermant, qui a trafiqué sous leur nez ; au pire, ils ont autorisé ces livraisons, ce que démentent de concerts, gendarmes et douaniers. A la base, une perquisition banale dans le cadre d'une simple enquête pour dégradation, le 16 décembre 2013, à Lille (Nord). Dans un appartement de la rue Jules-Guesde, on retrouve un pistolet-mitrailleur qui porte les traces d'un bricolage particulier : l'arme a été remilitarisée - ou réactivée, c'est-à-dire rendue apte au tir -Le pistolet est expertisé, l'ADN de Claude Hermant apparaît.

Deux ans et demi d'instruction plus tard, cet homme de 54 ans au physique à la Marlon Brando dans Apocalypse Now - crâne totalement rasé, cou aussi large que le visage - comparaît depuis lundi 11 septembre, à Lille, pour trafic d'armes entre décembre 2013 et janvier 2015. Acteur principal de ce casting de polar, Claude Hermant encourt dix ans d'emprisonnement. L'accusation lui reproche d'avoir importé au moins 146 armes neutralisées en provenance de Slovaquie, puis de les avoir réactivées et revendues.

La Slovaquie veut améliorer sa réputation pour les écoullements d'armes désactivées qui terminent dans les mains des terroristes. Depuis l'été dernier, une loi a été adoptée dans le pays que ce type d'armes ne puisse être vendu sur Internet par des particuliers.

Jean-Daniel Angibaud,Stéphanie Maurice„Libération", Henri Seckel „Le Monde", RSI

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