La Révolution de velours : un rêve de démocratie au goût d’inachevé

La Révolution de velours : un rêve de démocratie au goût d’inachevé

Le 17 novembre 2013, soit 24 ans après la chute du régime communiste dans l’ex-Tchécoslovaquie, plusieurs manifestations ont été organisées pour marquer l’événement, dont par exemple, l’inauguration d’un nouveau musée du 17 novembre rappelant la période communiste dans l’histoire du pays.  

Plusieurs personnalités de la vie culturelle et politique slovaques ont participé à la commémoration des évènements du 17 novembre. A Bratislava, le Président de la République Ivan Gasparovic a déposé une gerbe au monument dédié aux victimes du communisme. Dans sa déclaration, il a souligné l’importance de la leçon à retirer  du passé, ainsi que le fait que la liberté et la démocratie ne sont pas choses évidentes mais aussi une responsabilité.  Il a mis en avant la nécessité de commémorer cet évènement en direction principalement de la jeune génération, il ne faut pas oublier les victimes et les opposants au régime totalitaire. Le ministre de la Défense Martin Glvac est convaincu que 24 ans après la chute du communisme, certaines notions, telles les conquêtes démocratiques, la liberté de religion ou la simple possibilité de voyager paraissent une évidence, voilà pourquoi il est important de rappeler à la jeune génération que la révolution n’est pas venue toute seule. Le premier ministre de la République slovaque Robert Fico en compagnie du ministre de l’Intérieur Robert Kalinak a invité à déjeuner le représentants des étudiants. Il a rappelé à cette occasion, qu’il faut percevoir cette journée en tant que journée des étudiants car ce sont  les étudiants qui dans les années historiques 1939 ou 1989 ont joué un rôle primordial.  Avec eux, il s’est entretenu de cette Révolution mais aussi de l’avenir de la jeunesse actuelle et de la nécessité de poursuivre les réformes, même si elles sont parfois douloureuses à supporter.

Pourtant, hier, les Slovaques,  n’étaient pas des centaines de  milliers à descendre dans les rues de Bratislava et des principales villes du pays pour commémorer ce 24ème anniversaire. L’euphorie d’antan a laissé place à l’amertume, l’inquiétude, parfois la déception. L’envie de vivre dans un pays démocratique et les rêves d’une vie meilleure se sont envolés pour beaucoup, pour tous ceux n’ayant pas pris conscience il y a 24 ans  des conséquences de ce mouvement  non seulement de cette révolution mais aussi de la partition de la Tchécoslovaquie en deux Etats indépendants : République tchèque d’un côté, République slovaque de l’autre.

Selon le politologue Michal Horsky, quand, il y a 24 ans, les citoyens ont revendiqué des changements, ils ont parlé, avant tout, de la nécessité d’obtenir un système démocratique et des élections libres. Si on est parevu à les faire prévaloir y compris dans la Constitution, aujourd’hui, on ne les utilise pas. Une seule chose  n’a pas été  comblée, celle de  la séparation de l’Etat et de l’Église. Pour Miroslav Kusy, ce que l’on a pas réussi à établir 24 ans après la révolution, est la mise en place d’une société civique. D’une  société forte avec des organisations non gouvernementales, un citoyen actif qui connait ses droits et sait se battre pour eux. C’est ce qui explique aussi le taux très bas de participation des électeurs lors de dernières élections régionales, reflétant le désinteressement  du citoyen à la gestion des affaires publiques.

Le dernier sondage d’opinion publique publié et effectué par l’Agence FOCUS démontre que 67 % des Slovaques perçoivent leur vie plus mauvaise qu’avant 1989. Ils ont déclaré que pour leur salaire actuel  ils achètent moins qu’avant la révolution de velours en 1989.  Plus de 83% des personnes interrogées pensent qu’à l’heure actuelle, les gens s’endettent inconsidérément  et 93% d’entre eux sont convaincus  qu’il est impossible à une jeune famille d’acquérir son propre logement sans recourir à l’endettement. Les citoyens se plaignent de l’aggravation des rapports entre les gens, du taux très élevé du chômage qui à l’époque totalitaire n’existait pas, à peu s’en fallait, des salaires moyens et des pensions de retraite trop bas et de l’augmentation de pauvreté dans la société.

Selon Rafael Rafaj du Parti national Slovaque, les citoyens sont déçus des promesses cycliques, de la réalité, des mesures économiques, des fossés abyssaux du niveau de vie, de la perte de la souveraineté slovaque, de l’absence du moral politique et entrepreneurial. L’ expérience tirée de ces 24 ans a montré, selon lui, qu’il ne suffisait pas seulement d’échanger le régime socio-économique et la dépendance de Moscou pour celle de Bruxelles supranational. Le changement du régime sauvage et moralement anarchique, sans principes fondamentaux, la vague de privatisation sans moralité, et des sanctions non infligées aux coupables du passé qui ont seulement retourné « leurs vestes », un mal a remplacé l’autre, tout cela contribue à la désillusion des Slovaques. Toujours selon Rafaj, il manque aux citoyens dans la société de valeurs comme la cordialité, la solidarité, la cohérence, l’honnêteté, la justice, la souveraineté, la fierté nationale et le respect vis-à-vis de l’homme et la tradition.  

 

Tatiana Minarovičová

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