Les médias français s´intéressent au sommet de Salzbourg, demain mercredi 23 aout en Autriche. Un sommet consacré essentiellement au statut des travailleurs détachés. Isabelle Lasserre, notre confrère du quotidien Le Figaro y consacre un article, compte rendu de lecture :
« Après avoir fait redémarrer le moteur franco-allemand, Emmanuel Macron regarde à l'est et au centre de l'Europe. Le président français se rendra en Autriche, en Roumanie et en Bulgarie du 23 au 25 août pour défendre son projet de modernisation et de durcissement de la législation européenne sur les travailleurs détachés. L'objectif vise à lutter contre le dumping social et salarial dans l'Union européenne. À Salzbourg, première étape de son voyage européen, Emmanuel Macron rencontrera aussi les premiers ministres tchèque et slovaque.
Après avoir abordé le sujet avec les pays du groupe de Visegrad - Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie - en juin dernier, Emmanuel Macron poursuit sa tournée destinée à convaincre les États qui résistent de la nécessité de durcir le dispositif européen. Le temps presse. La présidence estonienne de l'Union doit proposer un compromis en septembre, la dernière proposition de réforme de la directive ayant été jugée trop timide par la France. De source diplomatique, le président français aurait quelques mois seulement pour réussir. La présidence estonienne de l'UE s'achève fin décembre. Or, la Bulgarie, qui prendra le relais à la tête de l'Union, est beaucoup moins favorable au projet. Les négociations risques d'être longues et difficiles. Même s'ils savent qu'ils ne sont pas en position de force sur le sujet, les pays d'Europe centrale et orientale pourraient en profiter pour tenter d'arracher des contreparties sur la question très sensible des quotas de migrants, auxquels ils s'opposent.
Le voyage présidentiel vise aussi à resserrer les liens avec les pays d'Europe centrale et orientale, qui ont souvent été négligés ou ignorés par la France dans le passé. Certains d'entre eux avaient peu apprécié la leçon dispensée par Emmanuel Macron, qui leur avait demandé en juin d'arrêter de considérer l'Union européenne comme un «supermarché».
Emmanuel Macron avait placé l'Europe au cœur de sa campagne électorale. Il a fait de la relance de l'Union, fragilisée par le Brexit, par la question des migrants et par la montée des mouvements populistes, la priorité numéro un de son programme de politique étrangère. Depuis son élection, les dirigeants européens se succèdent auprès de lui. Il a promis qu'il aurait visité tous les pays de l'UE début 2018.
Mais la fracture qui sépare les parties occidentale et orientale de l'Europe sera difficile à réduire. Presque trente ans après la fin du communisme, les divisions entre l'est et l'ouest du continent n'ont pas disparu. Elles semblent même ressurgir. Les travailleurs détachés ne sont pas le seul sujet qui fâche. L'immigration, la religion, la perception des menaces et le rapport à la Russie sont autant de divergences. Si la Roumanie, la Bulgarie, la République tchèque et la Slovaquie sont attachées à leur ancrage européen et veulent être des acteurs engagés à Bruxelles, d'autres pays sont en conflit ouvert avec l'Union ».