Les évènements d’août 1968, leur suite et leurs conséquences

Les évènements d’août 1968, leur suite et leurs conséquences

Dès l'arrivée du Slovaque Alexander Dubček à la direction du Parti Communiste en janvier 1968, la Tchécoslovaquie s'engage sur la voie d'importantes réformes visant à instaurer un « socialisme à visage humain » : abolition de la censure, réhabilitation des anciens dirigeants injustement condamnés lors des procès staliniens montés de toute pièce dans les années 1950, libéralisation de l'économie de la tutelle de l'État, remise en question de la politique étrangère, tolérance religieuse, etc. Bien que l'objectif de ces réformes n'ait pas l'intention de rompre avec le système communiste, comme cela avait été le cas en Hongrie en 1956, les changements engagés ont eu un impact profond sur la société. Cette vague de réformes dans un pays situé à la frontière des deux blocs risquait de menacer l'hégémonie soviétique sur l'Europe centrale et de l'Est.

Afin de s'opposer à une telle évolution, les troupes et les chars des pays du pacte de Varsovie (à l'exception de la Roumanie) ont envahi la Tchécoslovaquie pour s'opposer et anéantir ce que Moscou considérait comme un mouvement contre-révolutionnaire ; et ce malgré l'impressionnante mobilisation patriotique de la population, et le soutien apporté à ses dirigeants par le congrès du Parti communiste tchécoslovaque, réuni en session extraordinaire le 22 août.

Au matin du 21 août, Pragois et Bratislaviens se réveillaient avec leurs rues parcourues par des chars, survolées par des avions et quadrillées par les militaires des Forces du Pacte de Varsovie. Dans la journée du 21 août, les membres du Gouvernement avec Alexander Dubcek à leur tête, étaient arrêtés et transférés à Moscou où sous la pression, l'accord sur la consolidation de la République tchécoslovaque est signé le 26 août. Peu après, ils étaient démis de leurs fonctions et le diktat soviétique imposait de nouvelles structures gouvernementales en Tchécoslovaquie. Le 16 octobre suivant, à Prague, l'accord sur la présence temporaire des unités soviétiques sur le territoire de la République tchécoslovaque est signé. Commença alors une longue période dite de normalisation et une occupation du territoire par les troupes soviétiques venues initialement à titre provisoire, mais qui allait durer 22 ans. Elle ne s'achève qu'en juin 1991 par le départ des dernières unités soviétiques.

L'occupation de la Tchécoslovaquie ne change pas la substance du système politique introduit après l'année 1948. La courte époque du relâchement de la dictature, les grands espoirs et leur piétinement par la force brutale fait s'approfondir l'abîme entre les citoyens et leurs dirigeants, entre les collaborateurs du pouvoir d'occupation et la majorité opprimée. Les chars du Pacte de Varsovie détruisirent l'illusion d'une réforme possible du communisme, et montrèrent qu'un changement dans le bloc soviétique n'avait pas de chance de réussir, tant que le régime ne se libéralisait pas en son centre, à Moscou.

La normalisation, entre guillemets, de la situation dans la société tchécoslovaque se déroule en plusieurs phases. Du 27 août à la fin de novembre 1968, de nouveaux facteurs politiques entrent en jeu dans une Tchécoslovaquie qui cesse d'être un État de droit et un État souverain. En conséquence, le niveau de la gestion de l'État baisse fortement dans tous les domaines. De l'économie jusqu'à la direction politique. La société tchécoslovaque tombe en léthargie notamment dans le domaine des sciences et techniques, ainsi que dans le domaine social et les structures de production. La conséquence en est, la montée de l'émigration, dont la composition comprenait 70 % des moins de 35 ans et 38 % des diplômés des universités et des lycées.

La société tchécoslovaque se voit de plus en plus isolée du reste du monde. Alexander Dubcek, mis à la marge de la société, continuellement surveillé par les services secrets, au mépris des droits de l'homme, devient... jardinier.

Aujourd'hui, après 49 ans, si dans la mémoire des personnes qui ont vécu ce douloureux épisode de l'occupation de la Tchécoslovaquie par les troupes des pays dits frères du Pacte de Varsovie le 21 août 1968, le souvenir reste vif, il faut constater que pour les générations suivantes il s'estompe jusqu'au point de disparaître et que les célébrations sont de moins en moins suivies avec le temps.
Tatiana Minarovičová Foto: TASR

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