La Cour constitutionnelle a annulé l'amnistie Meciar. Huit juges étaient pour, deux contre. Il s'agit en fait de plusieurs amnisties et de la grâce présidentielle accordée par le président Kovac à son fils. Les réactions politiques sont nombreuses. Tour d'horizon.
Le président de la République slovaque attend que la justice puisse enfin faire son travail 19 ans après. Andrej Kiska a déclaré que la population attendait des résultats de la part de la justice pour que l'on puisse enfin tourner la page de ce chapitre sombre de l'histoire du pays.
la lumière au bout du tunnel
Le président du parlement slovaque Andrej Danko rappelle qu'il s'agit là d'une première étape. Comparant avec le baccalauréat, il rappelle que ce verdict, c'est la première partie réussie de l'examen, reste encore le contrôle de la Cour européenne des droits de l'homme vers laquelle les personnes concernées par cette annulation pourraient se retourner. Cependant, cette décision de la Cour constitutionnelle est selon Andrej Danko la lumière au bout du tunnel. Il a reconnu que dans les années 1990 se sont passées des choses que l'on doit appréhender d'une façon particulière, sans pour autant juger qui que ce soit.
« Je ne vais pas juger monsieur Meciar, j'attends que les institutions judiciaires fassent leur travail. » Andrej Danko
Le vice-premier ministre Peter Pellegrini tout comme le Premier ministre Robert Fico estiment que cette annulation est la preuve que la résolution adoptée par la coalition gouvernementale est pleinement en conformité avec la constitution et confirme le bien-fondé de la méthode adoptée pour résoudre cette affaire.
« Tous ceux qui nous soupçonnaient d'un jeu déloyal se sont une fois de plus profondément trompés. » Robert Fico
Pour le député Erik Tomáš, qui fut l'un des premiers à soutenir l'annulation, cette décision de la Cour est une excellente nouvelle pour la Slovaquie.
« C'est une réponse claire à tous ceux qui spéculaient sur le manque de sincérité de l'initiative du Premier ministre et de la coalition. En tant que député du conseil national slovaque, je suis fier d'avoir pu ouvrir les portes à la justice grâce à mon vote.» Erik Tomáš
La ministre de la justice Lucia Žitňanská relève qu'après 19 ans et de nombreuses tentatives avortées, on a enfin réussi à effacer l'un des grands traumatismes du pays. Cette réussite s'explique selon elle par une concertation entre le gouvernement, le parlement, le président, qui a abouti à un résultat à la Cour constitutionnelle. Pour Bela Bugar, cette abrogation met un point final à l'ère du Meciarisme.
L'opposition salue aussi cette résolution. L'amnistie était une « tache sombre dans l'histoire de la Slovaquie » pour le député Martin Poliačik. Pour Ján Budaj, la cour constitutionnelle n'a pas déçu l'espoir des citoyens. Pour Boris Kollar, le gouvernement n'avait pas d'autre choix, il s'est déclaré satisfait de ne pas avoir voté pour rien. Il est important de prendre ses responsabilités et d'accepter la peine pour les actes commis, selon Alojz Hlina.
tasr