75 ans depuis l’Arbitrage de Vienne

75 ans depuis l’Arbitrage de Vienne

Les négociations connues comme « Arbitrage de Vienne » tenues le 2 novembre 1938 au palais du Belvédère à Vienne ont décrété la dislocation de la Tchécoslovaquie en remettant en cause le traité de Trianon.

L’Arbitrage fait suite aux accords de Munich du 30 septembre 1938 qui fondamentalement ont modifié la répartition des forces en Europe. La Grande Bretagne et la France ont quitté l’espace de l’Europe centrale et l’ont  entièrement laissé aux mains de  l’Allemagne nazi dont l’une des orientations de sa politique étrangère était la liquidation de la Tchécoslovaquie. Aux côtés de l’Allemagne se trouvaient la Hongrie et la Pologne. Les revendications territoriales de la Hongrie  étaient énormes et concernaient  les territoires habités par la minorité hongroise sur la base des statistiques de 1910. Celles de la Pologne concernaient quelques territoires du Nord. La Hongrie récupère la bordure  méridionale de la Slovaquie appelée aussi Haute-Hongrie et une partie de la Ruthénie subcarpathique où  vivait la minorité hongroise. Hitler promet également de rendre à la Hongrie des territoires situés en Slovaquie en échange d'une alliance militaire. Le régent Horthy s'y refuse tout en continuant à réclamer une révision territoriale conforme aux frontières ethniques de la Hongrie.

En mars 1939 la Hongrie occupe le reste de la Ruthénie subcarpathique et reconnaît la nouvelle Slovaquie « indépendante », créée par l'Allemagne. Mais le litige territorial dégénère vite en conflit armé. À l'issue de cette guerre slovaco-hongroise (également connue sous le nom de Petite Guerre), la Hongrie ne récupère que la lisière orientale de la Slovaquie.

Selon le ministre slovaque de l’Éducation nationale Dusan Caplovic, l’accaparation contrainte des territoires de la Slovaquie, doit être considérée en tant qu’échec des forces démocratiques en Europe. Cela d’autant plus que les intellectuels de l’époque ont dénoncé face aux menaces du régime nazi, des fascistes, la  dégradation des valeurs chrétiennes, démocratiques, et celles de la civilisation. L’occupation de la ville de Kosice et d’autres villes slovaques au Sud, la violence vis-à-vis des citoyens slovaques, tchèques, juifs et rom, mais aussi envers des citoyens hongrois aux sentiments démocratiques a été la conséquence douloureuse et triste de l’intolérance et de la haine des élites politiques hongroises et non seulement celles  hongroises d’antan. Toujours selon Caplovic, cet évènement historique et ses conséquences, il convient de les rappeler et expliquer aux jeunes générations, dès les bancs de l’école. 

La Slovaquie a perdu plus de 20 % de son territoire, plus précisément 10 565 km carré et 852 332 citoyens dont 290 107 Slovaques, 503 208 Hongrois et le reste appartenant a d’autre nationalités. La Slovaquie a perdu les régions les plus fertiles et les pertes incalculables ont été enregistrées dans le domaine industriel et énergétique. Les voies ferrées et routières de l’Ouest à l’Est du pays ont été interrompues. Selon les historiens, les droits démocratiques et les libertés introduites dans la Tchécoslovaquie ont été vite réduits, le niveau économique et social a regressé. Toutes les fonctions importantes ont été occupées par des Hongrois. Ont commencé les expulsions en masse de l’intelligence slovaque et tchèque, des enseignants, des prêtres. Les Hongrois ont éliminé  tous les monuments rappelant la Tchécoslovaquie. Les écoles slovaques ont été supprimées, les brimades ont été exercées. Il ne faut donc pas s’étonner que les Slovaques aient émigrés en masse des territoires occupés pour regagner la Slovaquie.

Tatiana Minarovičová

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