Même les médias étrangers s'intéressent au phénomène, comme la presse française. Le journal Le Monde a consacré un article à ce sujet : compte rendu de lecture. Selon une étude de la Coface, les difficultés de recrutement en Europe centrale et en Europe de l'Est alimentent les hausses de salaire mais elles risquent, à terme, de freiner la croissance. Varsovie n'a pas tardé à réagir. Jeudi 27 avril, Emmanuel Macron s'est déclaré en faveur de « sanctions » contre la Pologne. Selon lui, celle-ci « joue des écarts fiscaux et sociaux » pour attirer les entreprises - à l'exemple de l'américain Whirlpool, qui projette de délocaliser son usine de sèche-linge d'Amiens vers Lodz, au centre du pays. « La Pologne crée des conditions favorables aux entrepreneurs », s'est aussitôt insurgé le gouvernement polonais, agacé de voir son pays « utilisé » dans la campagne française. Sur place, les entreprises locales sont animées par d'autres préoccupations. « Comme dans l'ensemble de l'Europe centrale et de l'Est, elles ont de plus en plus de mal à recruter, en particulier des profils qualifiés. A terme, cette pénurie de main-d'œuvre pourrait nuire à leur développement », explique Grzegorz Sielewicz, économiste spécialiste de la région à la Coface. Mardi 2 mai, lui et Dominique Fruchter, également économiste chez l'assureur-crédit, ont publié une étude sur le sujet.
Les auteurs soulignent qu´en Pologne, en Hongrie, en République tchèque, mais aussi en Slovaquie ou en Roumanie, les PME et grands groupes se plaignent de rencontrer d'importantes difficultés de recrutement. Motif : même si la situation est contrastée selon les Etats, tous ont enregistré une décrue significative du chômage ces derniers mois. En février, seuls 3,4 % des Tchèques étaient sans emploi, selon Eurostat, 4,3 % des Hongrois et 5,3 % des Polonais, et 8% en ce qui concerne la Slovaquie.
Augmentation des salaires
Pour attirer les candidats, les entreprises ont sensiblement augmenté les salaires. « Depuis 2010, ils ont progressé de plus de 30 % en Roumanie et en Bulgarie, et de 20 % en Hongrie, en Slovaquie et en Pologne », détaille l'étude de la Coface. « C'est une bonne chose pour les ménages et la croissance, qui profite du regain de la consommation », ajoute M. Sielewicz. Cela contribue également à la lente convergence vers le niveau de vie proche des États de la communauté Europeene.
Source: Quotidien Le Monde
Jean-Daniel Angibaud RSI