Décès d’Ernest Stredňanský, détenteur d’un Emmy

Décès d’Ernest Stredňanský, détenteur d’un Emmy

Ernest Stredňanský est décédé à l'âge de 87 ans le 30 mars. Ancien journaliste à l'Europe libre, régisseur pour la chaîne de télévision KNTV-San José-Californie, et journaliste de La voix de l'Amérique à Washington, il a reçu un Emmy, prestigieuse récompense de la télévision américaine. Il est l'auteur d'un livre autobiographique, Confession sans concession. Radio Slovaquie Internationale l'avait rencontré en mars 2012 à l'occasion du mois du livre. Tout bascule pour lui en 1968.

Chassé par les chars

L'histoire commence en 1968. Ernest Stredňanský organise une petite fête entre amis, lorsque soudain, on entend les chars soviétiques. Le petit groupe assiste du balcon à la scène avec incrédulité, comme il l'écrit.

« Ces tanks ressemblent à des jouets ! Le doute n'était plus possible. C'étaient des tanks. Pas des jouets. C'étaient des tanks russes. »

Il se retrouve devant un dilemme : partir ou rester ? Rapidement, l'auteur est inquiété dans son travail. A la télévision, il devient presque du jour au lendemain un contre-révolutionnaire malgré lui. Sa décision est prise : il quittera le pays. Son exil le mènera à Vienne, puis Munich, avant qu'il ne quitte le continent européen.

La reconnaissance

Aux Etats-Unis il exercera plusieurs petits métiers avant d'obtenir la reconnaissance avec un Emmy. En 1989, le bruit des clés agitées par les manifestants lors de la Révolution de velours parvient à Washington, comme il l'explique.

« A Washington, les nouvelles que nous recevions de Slovaquie n'étaient pas très réjouissantes. Nous savions qu'en novembre 1989 les gens avaient afflué par milliers sur les places et qu'il ne s'agissait pas pour eux d'un simple cliquetis de clés. Les informations transmises au téléphone révélaient aussi que ce n'était pas seulement un bruit. Dans ce cliquetis couvait en effet une force génératrice d'un mouvement qui en s'amplifiant, réalisait après vingt années ce pourquoi j'étais parti en 1968, jusqu'au moment où après une longue errance de par le monde, j'avais trouvé enfin la liberté. »

A partir de ce moment, Ernest Stredňanský reviendra plusieurs fois en Slovaquie, avant de s'y installer définitivement en 2004. Le dernier adieu se tient le samedi 1e avril 2017 à Bratislava.

rsi

Jacques Hoflack Foto: SITA/archív RTVS

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