L’Europe n’est pas à la remorque des Etats-Unis

L’Europe n’est pas à la remorque des Etats-Unis

Le Premier ministre slovaque participe au sommet de l'Union européenne à Malte.

Robert Fico s'est envolé pour La Vallette jeudi. Ce vendredi se tient le sommet informel des leaders de l'UE. Il s'inscrit dans la foulée du sommet de Bratislava qui s'est déroulé en septembre au cours de la présidence slovaque du Conseil de l'UE. et au cours duquel fut évoqué l'avenir de l'Union à 27. Ce thème sera sur la table des discussions à La Vallette, de même que la question migratoire, et les préparatifs du 60e anniversaire du Traité de Rome.

Changeons le monde !

Avant son départ pour Malte, le Premier ministre a évoqué l'élection de Donald Trump à la Maison blanche : il y voit une chance pour l'UE de renforcer sa position, ne pas le voir ainsi serait une erreur monumentale, selon lui. Il reconnait que l'entourage de Trump est eurosceptique, c'est la raison pour laquelle l'Europe doit clairement affirmer ce qu'elle veut et ce qu'elle refuse. Selon lui, il ne faut pas toujours attendre que le grand frère américain dise à l'Europe ce qu'elle doit faire, comme ce fut le cas pour les sanctions envers la Russie. « Je pense que l'Europe devrait avoir sa propre opinion et parler en son nom au lieu d' être à la remorque des Etats-Unis », a souligné Robert Fico. Et d'inviter l'Europe elle aussi à un peu changer le monde au lieu de lorgner toujours vers l'Est ou l'Ouest.

Libye : l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire

Le chef du gouvernement slovaque a aussi évoqué l'importance d'aborder au cours du sommet le danger de liquider par la force les régimes de certains pays sans proposer de solution alternative. Et de prendre comme exemple le cas de la Libye, d'où sont partis vers l'Europe 181.000 migrants l'année passée. Ce pays ne serait pas devenu le point de départ de centaines de milliers de migrants s'il avait un régime et si l'ordre régnait. La stabilisation intérieure du pays devrait être aussi sur la table des négociations au sommet, selon lui. Pour Robert Fico, la Libye n'est pas un pays stable comme la Turquie avec laquelle l'UE s'est accordée pour maitriser le flot de migrants.

« Certaines personnes en Europe de l'Ouest auraient dû réfléchir à un plan B avant de bombarder la Libye, or il est évident qu'ils n'en avaient pas. Maintenant tout le monde geint et clame que 181.000 migrants sont venus de Libye en 2016. Ce n'est pas de ma responsabilité, c'est de la responsabilité de ceux qui ont liquidé le régime en Libye. »

Robert Fico rappelle que l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi avait prévenu que sans coopération l'Europe deviendrait noire. « Au lieu de coopérer avec lui, ils ont assassiné Kadhafi. Pleurer sur le gâchis en Libye, est complètement ridicule. » Et Robert Fico prévient : si les pays responsables de ce gâchis abordaient demain la migration, les pays du V4 auraient des choses à leur dire.

tasr

Jacques Hoflack

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