Comme il est de tradition, le Président de la République slovaque Andrej Kiska s'est adressé à la nation le 1er janvier en début d'après-midi pour lui présenter ses vœux en ce premier jour de l'année - l'allocution du Nouvel An.
Les représentants de la coalition et de l'opposition apprécient que le Président de la République ait fait appel à l'abaissement de l'extrémisme et de l'agressivité dans la société et ait appelé à l'honnêteté également dans la confrontation politique. Néanmoins, soulignent-ils qu'Andrej Kiska n'a pas nommé clairement les choses dans quelques cas.
Pour Miroslav Ciz du parti SMER-SD le Président a bien cerné les devoirs principaux qui sont devant le gouvernement, néanmoins, s'il a rappelé les succès économiques du pays, il n'a pas mentionné les apports gouvernementaux sur ce plan. Particulièrement Il n'a pas mis l'accent sur la Présidence slovaque du Conseil de l'UE qui a été par contre hautement appréciée par d'autres hommes politiques et d'Etat de l'Europe. Béla Bugar du Most-Hid considère l'Allocution du Président comme celle d'un homme d'Etat. Il est d'accord avec le Président que l'année 2017 sera celle de la vérité, ainsi que sur le fait que chacun de nous a sa part de responsabilité quant à la lutte contre l'intolérance.
Pour le politologue Jan Baranek, l'allocution présidentielle n'a pas pris un caractère standard du point de vue positif. En effet le Président s'est arrêté prioritairement sur les risques présentés par le monde virtuel, d'internet, en stigmatisant la présence des marques de haine sur Internet et sur les réseaux sociaux. Selon le politologue, le temps est venu que les hommes politiques s'emparent de ce problème et le dénoncent. Toujours aux dires de Baranek, en Slovaquie la portée de ce thème est toujours sous-estimée alors que dans le monde, par exemple, les terroristes sont capables de s'organiser. Le fait que le Président ait souligné la bonne santé économique de la Slovaquie, ses succès en ce domaine, l'excellente maîtrise dont elle a fait preuve lors de sa Présidence du Conseil de l'UE, ainsi que la réforme de l'Education nationale en préparation, le politologue perçoit l'intervention présidentielle comme la volonté de renouer un dialogue avec le gouvernement.
Le politologue Juraj Marusiak, lui aussi perçoit l'allocution du Président en tant qu'effort sur la convivialité de l'espace publique et le recul de la confrontation plus aigüe avec le gouvernement. Les passages les plus importants ont porté sur la corruption d'une partie non désignée du pays, ainsi que sur l'échec de la politique menée pour apporter des solutions à la situation des concitoyens rom. A été remarquée dans les propos présidentiels la critique formulée vis à vis du ministère de l'Intérieur de s'interroger si la seule et unique réponse de l'Etat aux problèmes des Roms socialement dépendants est la répression. Quant au phénomène Internet et ses réseaux sociaux, sujets qui constituaient une grande partie de l'allocution du Président, le politologue estime que la majorité de la société slovaque ne vit pas dans l'espace virtuel. Ce qui s'y passe, est selon le politologue slovaque, le reflet de ce qui se passe dans toute la société.