Andrej Danko, président du parlement slovaque et chef de file du SNS, le Parti national slovaque, dans la coalition gouvernementale, propose d'interdire le port de la burqa dans les lieux publics en Slovaquie. Une idée qui ne fait pas l'unanimité.
Andrej Danko réagissait ainsi aux tragiques événements de Berlin, qui montrent une fois de plus selon lui l'échec du multiculturalisme et de la politique de sécurité de l'Union européenne.
identifier les extrémistes
Le président du SNS a déclaré qu'après cet événément, il fallait s'unir et ne faire qu'un. Il faudrait augmenter la sécurité et plus parler de ce qu'est l'islam, des sortes d'islam. Et d'appeler à un plus grand dialogue avec les représentants des Eglises. Selon lui, toute personne se réclamant de l'islam n'est pas un terroriste. Il estime qu'il ne faut pas juger les gens selon leur religion ou leur couleur de peau. Mais il faut adopter dans le cadre de l'Europe des mesures de sécurité qui permettent d'identifier les gens qui penchent vers un discours radical de l'islam.
dégoûter les musulmans de la Slovaquie
L'interdiction de la burqa ne fait pas l'unanimité dans la classe politique slovaque. Pour beaucoup, cette disposition est prématurée et ne s'impose pas au vu de la situation actuelle en Slovaquie. Seul Boris Kollar, du parti d'opposition Sme rodina « Nous sommes une famille », y apporte ouvertement son soutien ; même si, dit-il, ce problème n'existe pas en Slovaquie, il se déclare en faveur de cette mesure : « Dégoûtons les musulmans de notre pays, rendons-le désagréable pour eux, ainsi nous nous protégerons. »
proposition prématurée et inadaptée
Béla Bugár, leader du Most-Hid, dans la majorité, ne pense pas que le temps soit venu pour une telle interdiction en Slovaquie. Il craint que cela ne provoque des tensions et attire l'attention dans une mauvaise direction. Le vice-président du Smer-SD au pouvoir Miroslav Číž évoque aussi une mesure trop précipitée. Pour l'ancien ministre de la défense Ľubomír Galko, du SaS, cette proposition ne fait que démontrer la vacuité de l'expertise du SNS, alors qu'on attendrait plutôt des mesures pour renforcer les services secrets, leurs moyens financiers, matériels et en personnel. Le chef du OĽaNO-NOVA Igor Matovič estime que cette question n'est pas un problème de fonds en Slovaquie.
Cette idée d'interdire la burqa n'est pas neuve. Andrej Danko rappelle qu'en 2011, son parti en avait déjà parlé, mais que cette proposition avait alors été critiquée.
tasr