L'Éducation nationale slovaque n'a pas suffisamment de moyens financiers. La raison en est simple: l'offre dépasse la demande. Selon l'analyste Vladimír Bačišin qui s'est penché sur le sujet dans une étude publiée sur le site d'informations aktuality.sk, en 1989 il y avait 128 lycées et lycées sportifs en Slovaquie. À l'heure actuelle, ils sont quasiment deux fois plus nombreux, à savoir 244. Par contre, le nombre de collèges proposant aux étudiants une formation spécialisée est en baisse constante. Quant à l'enseignement supérieur, en 1989, 13 établissements de ce type d'enseignement existaient en Slovaquie, tous gérés par l'État. Après la chute du régime communiste l'adoption d'une nouvelle législation a également rendu possible, la création d'établissements dits publics ainsi que la création d'établissements privés. Actuellement, on compte quelque 35 établissements d'enseignement supérieur dont 12 privés. Et ceci dans une situation où le nombre d'étudiants ne cesse de s'affaiblir. L'idée d'accroître le nombre d'universités et hautes écoles vient de l'Union européenne: plus ces établissements sont nombreux, mieux c'est. Cette idée était également à l'origine de la division du cycle d'enseignement supérieur en deux phases : à l'issue du premier qui dure trois ans, un diplôme de licence est délivré à l'étudiant, au titre de licencié répond celui de „bakalár" en Slovaque ; quant au second, il s'achève après deux autres années d'études par l'obtention du titre de maîtrise, „magister" en slovaque.
Si l'on porte le regard du côté de la demande, cette dernière dépend entièrement du nombre d'enfants nés voici dix-huit ans. La dernière année où les établissements d'enseignements supérieurs slovaques avaient enregistré une forte demande était en 2008. C'étaient pour la plupart, des jeunes nés tout juste à la fin du régime communiste qui s'inscrivait aux universités et hautes écoles. Avec l'avènement du système économique capitaliste le taux de natalité en Slovaquie a connu une baisse importante dans les années 90. Au début des années 2000, ce taux a connu une nouvelle hausse mais depuis un certain temps il s'est à nouveau infléchi. Et l'analyste Vladimír Bačišin de constater que ce sera en 2020 que cette baisse se fera sentir le plus. D'autant que durant l'année 2020 justement, arrivera à échéance la possibilité pour la Slovaquie de prélever les fonds européens. Il pourrait donc se produire, dès 2020 une certaine rupture, non seulement pour les établissements d'enseignement supérieur mais également pour le marché du travail et pour l'économie slovaque dans son ensemble. L'auteur invite donc les acteurs politiques à se tourner vers les problèmes réels du pays pour trouver des solutions.
Source: TASR