Réunie à Bratislava, L´Europe sur la voie d'une défense commune

Réunie à Bratislava, L´Europe sur la voie d'une défense commune

Une forteresse médiévale haut perchée, au-dessus d'un fleuve qui a longtemps divisé le continent. Les Vingt-Sept ont fui Bruxelles et sa réputation en berne, pour le Danube et le château de Bratislava.

L'absence de la Britannique Theresa May à ce rendez-vous européen «informel» concrétise la première rupture: après l'élargissement à tout va, l'Union européenne n'est plus à l'abri de la désintégration. La contagion, redoutée juste après le «non» britannique, ne s'est pas déclarée. Mais les maillons faibles sont connus: l'Est et sa rage ouverte contre les «diktats» de Bruxelles. Le Sud qui peine à surnager après des années d'austérité. Le Nord en panne d'enthousiasme pour un projet jugé technocratique et centré sur lui-même.

Le Sommet de Bratislava a permis trois avancées.Une enveloppe européenne qui serait portée à 630 milliards d'ici à six ans, afin de soutenir la croissance et l'emploi. Ensuite, la réforme de Schengen et l'instauration déjà promise de contrôles policiers systématiques à l'entrée comme à la sortie de l'UE. Et enfin le premier déploiement, dès octobre, du corps européen de garde-frontières en Bulgarie, la voisine de la Turquie.

La logique, déclinée par François Hollande, Angela Merkel et la Commission Juncker, est imparable: «L'UE doit protéger.» L'urgence politique absolue est de répondre à l'insécurité, celle qu'expriment beaucoup d'Européens face au chômage, à l'arrivée des réfugiés, au terrorisme et aux guerres qui embrasent le voisinage. La peur fait le lit de l'europhobie et du populisme, à l'approche de scrutins cruciaux en Italie, en France et puis en Allemagne.

Au-delà de la poudre aux yeux et d'un consensus de façade, une autre question s'impose derrière les remparts du château de Bratislava: Qui peut relancer la dynamique collective, ramener la confiance des électeurs et rompre le chacun pour soi? À défaut, «le seul souvenir qui restera du château de Bratislava sera la photo de famille», a avertit Donald Tusk. Avec des nuances, cette partie oppose l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne à l'Europe de l'Est ou Visegrad, mais aussi aux pays nordiques, pas insensibles aux arguments du Brexit tel le Danemark. Sur le fond, la querelle reste à vider sur le dossier générique de l'immigration. Les mouvements de main-d'œuvre internes à l'UE ont fourni l'argument décisif aux partisans britanniques de la rupture. Sur la question du travail détaché, ils empoisonnent toujours le climat entre l'est et l'ouest de l'Europe - notamment la France. Quant à la brouille historique entre Angela Merkel et ses voisins orientaux sur la répartition européenne des réfugiés syriens, elle est soldé. Dans le huis clos de Bratislava, et à la conférence de presse commune, Angela Merkel a reconnu son erreur de vouloir imposer au V4 de tels quotas, voila au moins une réponse, l'Europe attend toutes les autres.

Source: Jean-Jacques Mevel Le Figaro, Jean-Daniel Angibaud RSI

Jean-Daniel Angibaud Foto: TASR

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