Gros plan aujourd'hui sur l'illusion des relocalisations. Une nouvelle division internationale du travail se dessine dans les chiffres de production. Globalement, l'industrie de la planète tourne au ralenti. Après la grande crise de 2008-2009, la production mondiale, en plein rattrapage, avait bondi de plus de 10% par an. Le tempo s´est calmé. Depuis plusieurs mois, la production industrielle ne s'accroît plus que d'environ 1,5% ou 2% en rythme annuel, selon les estimations de l'office des statistiques des Pays-Bas, qui font référence. Cette croissance limitée, inférieure à celle du produit intérieur brut, confirme que l'économie mondiale s´oriente de plus en plus vers les services au détriment de l'industrie. Les pays dits ´´émergents´´ affichent toujours une production en hausse de 4% en moyenne.
C'est notamment le cas de la Slovaquie dont les chiffres économiques annoncent un ciel grand bleu. Le gouvernement slovaque a annoncé mardi compter sur un excédent budgétaire de 0,16% du Produit intérieur brut (PIB) en 2019 grâce à une accélération de la croissance, un résultat auquel peu de membres de la zone Euro peuvent prétendre.
Il a attribué ce succès à ´´la consolidation budgétaire et la croissance économique´´.
La Slovaquie, dont l'économie est fortement dépendante de la production de voitures et des exportations, a inclus la prévision de l'excédent budgétaire 2019 dans un projet du budget national publié mardi par le ministère des Finances.
Seulement trois des 19 membres de la zone euro, -l'Estonie, l'Allemagne et le Luxembourg- ont affiché un excédent budgétaire l'année dernière. Pourtant la situation se révèle beaucoup plus terne dans les pays industrialises. Aux États-Unis, la production industrielle est en recul de près de 1% par rapport à 2015. La baisse frôle les 2% au Japon et l'Europe, elle, fait du surplace, avec une très légère progression de 0,5% entre juin 2015 et juin 2016.
L'Allemagne mise a part, la zone euro continue à se désindustrialiser. En dix ans ce sont plus de 500.000 postes qui ont disparu en France au fil des restructurations et des fermetures de site. En sens inverse, le nouvel ordre industriel concentre la production dans un petit nombre de localisations, ´´des pays dont les coûts de production sont faibles par rapport à la région qui les entoure´´, selon M. Artus. Comme plusieurs pays d'Europe centrale. Quand les groupes internationaux veulent s'implanter en Europe, c'est souvent là qu'ils investissent, pour bénéficier à la fois de coûts réduits, d'une main-d'oeuvre qualifiée et de la proximité des grands marchés comme l'Allemagne ou la France. Depuis 2010, la production industrielle a ainsi crû de 40% en Slovaquie, de 30% en Roumanie, et de plus de 20% en Estonie, En Lituanie, en Lettonie, en Hongrie, en Pologne et en République Tchèque.
Source: Le Monde économique, Le Figaro, Jean-Daniel A.