Les Slovaques achètent les denrées alimentaires moins cher qu'en 2015 et cela se poursuivra jusqu'à la fin de 2016. La baisse des prix est due non seulement à la bonne récolte, mais aussi à la suppression des quotas pour le lait, à l'embargo russe pour les aliments provenant de l'UE ou au taux réduit de la TVA, ramené à 10 % pour certains aliments de base.
Si les consommateurs bénéficient de ces coûts moindres, les producteurs des denrées alimentaires voient leur chiffre d'affaire baisser et les prix bas créent un espace pour la production étrangère. Ces bas prix ne sont pas le résultat d'une amélioration de la productivité chez les producteurs slovaques du secteur agroalimentaire mais de la situation qui s'est présentée sur les marchés internationaux. Le fait que les Slovaques, durant les 6 premiers mois de cette année, ont acheté par exemple de la viande, des œufs, des fromages et du lait 7 % moins chers en comparaison interannuelle, est le résultat de ce que l'Europe ne parvient pas à consommer et vendre aux pays tiers, tout ce qu'elle produit. Les denrées alimentaires bénéficiant de subventions de soutien diiférentes d'un pays à l'autre. De cette situation bénéficient avant tout les commerçants qui peuvent choisir les fournisseurs moins chers et offrir des denrées alimentaires à moindre coût.
Les consommateurs slovaques qui veulent acheter des aliments du pays n'y parviennent pas car tout simplement l'offre manque et cela touche également des aliments de base. La production slovaque du porc a baissé sous le seuil de 40 %, tandis qu'un nombre significatif de porcs slovaques est exporté à l'étranger. Depuis des années, les entreprises de traitement de la viande en Slovaquie sont horsservice car il vaut mieux pour elles d'importer la moitié de la viande de porcs ou de la viande surgelée destinée aux productions à base de viande achetée sur les marchés étrangers où elle est en excédent. Les spécialistes dans ce domaine considèrent que dans la production de la viande de porc fait défaut un système de régulation.
Quant aux produits laitiers et la baisse de leur consommation, seulement 16 kg par personne et par an, la Slovaquie est autosuffisante mais une partie de la matière première est exportée à l'étranger. Le résultat en est que si moins de 50 % des fromages présents dans l'offre des chaines commerciales sont composés de fromages slovaques, pour sa part, l'offre du beurre slovaque a baissé à 30 %. Le consommateur slovaque détermine son choix sur le prix.
Quelques produits typiquement slovaques présents auparavant en abondance ont disparus des étals. En témoigne l'offre des légumes secs. Le haricot, le petit pois mais surtout les lentilles provenant des producteurs slovaques sont rares. En lieu et place le consomateur se voit offrir des lentilles importées du Canada, des haricots produits en Éthiopie, et le petit pois est un mélange de la production tchèque et slovaque dans un même sachet. Il s'ensuit que la consommation des légumes secs par les Slovaques n'est pas suffisante, son niveau se situant à la moitié des valeurs recommandées par les nutritionistes.
La Slovaquie ne sait plus que faire de sa surproduction de céréales et offre à l'exportation environ 1million 500 mille tonnes de celles-ci. Mais des céréales, surtout fourragères à bas prix. Mais par suite de la mise hors service d'abattoirs et consécutivement leur insuffisance et de la possibilité d'établissement de relations contractuelles stables et durables entre les producteurs et les transformateurs, les agriculteurs ne sont pas incités à relancer l'élevage des porcs.