Gros plan aujourd'hui sur une épouvante sans frontières. Les forces de l'ordre slovaque sont sur le qui-vive tout comme leurs collègues européens. Une situation banale en temps normal peut atteindre tout à coup des proportions démesurées. Les forces de l'ordre mais aussi les habitants en font les frais et parfois même...Les touristes, un jeune français faisant ses achats dans un hypermarché à Bratislava, et, quelques semaines plus tôt dans une piscine, celle d'un dentiste britannique d'origine syrienne.
Notre premier personnage a choisi la Slovaquie pour passer ses mois d'été. Lorsque l'on voyage, il est toutefois bien de se souvenir que, ce qui est autorisé dans son pays d'origine, ne l'est pas forcement dans le pays choisi pour ses vacances. Sortant des caisses de l'hypermarché de Zlaté piesky, un jeune Français en a fait les frais et a été invité par les agents de sécurité du magasin à une fouille de son filet à provisions...Tout aurait pu bien se passer si notre jeune homme avait accepté certes sans allégresse mais accepté tout de même la fouille absolument légale dans les textes slovaques. Refusant un quelconque piochage et se montrant verbalement assez combatif, le jeune homme histoire d'en rajouter une couche a alors son portable et a commencé un enregistrement via son application dictaphone. c'est alors un officier de police qui débarque dans le local des agents de sécurité. Et s´engage alors des palabres assez loquaces, le jeune homme ne parlant ni la langue de Molière, ni celle de Shakespeare, ni même celle de Goethe. Mais tout s´est bien fini, l'officier lui expliquant calmement qu'en Slovaquie, il est tout à fait légal pour des agents de sécurité d'un grand magasin ayant une quelconque présomption, de demander à la personne soupçonnée de la suivre pour une fouille de sac. L'officier ajoutant toutefois qu'en ces temps sourcilleux, l'utilisation de vidéo ou de prise de son dans un établissement privé sans autorisation au préalable n'était pas forcément du meilleur goût...Qu'il se rassure, cela n'aurait pas été non plus du goût des vigiles de grand magasin d´une autre capitale.
Une semaine auparavant, la même histoire de son, lumière et image ont valu à un ressortissant britannique d'origine syrienne un séjour en détention cette fois, le dentiste Abdulkater S, 35 ans a été pris en flagrant délit de prises de clichés et vidéos des visiteurs (ou visiteuses) du bâtiment de la piscine de l'étoile rouge à Kosice en Slovaquie orientale. Les autorités ont alors appellé la police qui a décidé de fermer temporairement les bassins pour une recherche d'éléments pyrotechniques éventuels. Le dentiste a alors essayé de prendre un vol pour Bristol et les autorités de l'air et des frontières de l'aéroport de Kosice ont arrêté et mis en garde à vu le britannique. Un dentiste plutôt sportif et même boxeur, puisque durant sa garde à vue il a frappé un officier au visage, infligeant au fonctionnaire un arrêt de travail de 7 jours. Mis en examen et placé en détention provisoire, il a été condamné en comparution immédiate à 2 ans de prison avec sursis et une amende de 450 euros de dédommagement. Libre, il a finalement pu regagner l'Angleterre cette semaine.
Alors de vous à nous, si vous êtes porteur de matériels audiovisuels genre, son, appareils photos et autres gadgets touristiques, sortez-les avec précautions, les âmes sont sensibles en ces temps mouvementés. Soyez prudent, en 1942 se promener avec une valise de marché noir dans Paris était risqué, en 2016 porter un appareil photo peut devenir périlleux...
Source: The Slovak Spectator, Jean-Daniel Angibaud