Au printemps de cette année nous vous avons parlé d’une question à la fois politique, économique et sociétale qui demeure toujours en suspens, plus de vingt ans après la chute du régime communiste et le recouvrement de la liberté, en République slovaque. Il s’agit de celle liée aux rapports entre l’État et les Églises.
Le projet du ministre de la culture Marek Maďarič qui devrait entraîner le changement du mode de financement des Églises qui est capital pour régler cette question se heurte à la résistance de la part de la plus grande d’entre elles, l’Église catholique. Selon un article publié par le journal Hospodárske Noviny, l’Église catholique – qui est en Slovaquie subdivisée en Église catholique romaine et Église de rite catholique grecque ou uniate – refuse de mettre à disposition du ministre de la culture les informations portant sur son patrimoine. En réaction, le porte-parole de la Conférence des évêques slovaque Jozef Kováčik a déclaré que le problème tient en cette phrase : « il faut préciser les méthodes servant à chiffrer les revenus et les dépenses de l’Église ». Et de continuer que tenant compte du patrimoine et des engagements de l’Église catholique, il est impossible de dresser une liste de ces derniers dans le si court laps du temps fixé par le Ministère de la culture. « De plus, les données changent souvent, on peut vendre, on construit une autoroute sur nos terrains etc. » a-t-il constaté.
Les informations sur le patrimoine des Églises sont indispensables pour le Ministère de la culture afin de pouvoir mettre en place un nouveau mode de leur financement. Cependant, seulement sept des dix-huit Églises enregistrées en République slovaque ont fait suite à la demande ministerielle dans le délai arrivé à échéance ce lundi. Les autres Églises ont toutefois déclaré bien vouloir apporter leurs réponses mais se disent être dans la nécessité de disposer d’un délai plus long pour le faire. Selon le porte-parole du Ministère de la culture, pour créer un nouveau système de financement des Églises il faudra nécessairement parvenir à un compromis entre celles-ci et l’État slovaque. L’une des éventualités envisagées serait le modèle de financement des Églises au travers la fiscalité comme cela existe en Italie ou en Espagne. Leur législation stipule que les contribuables ont la possibilité de choisir à quelle Église revient une part de ses impôts. Toutefois, les Églises, quant à elles, craignant que ce mode de financement puisse mettre en péril les petites Églises préfèrent un modèle qui combinerait la quote part fiscale et le financement provenant du budget d’État.