Lors de cette première présidence historique, elle reprend l'UE dans un état que l'Union n'a jamais vécu auparavant. Elle était pour la première fois refusée par un pays membre. Aux dires du Premier ministre slovaque Robert Fico, il faut respecter cette décision. Il a reconnu que la Slovaquie, qui présidera l'UE dès vendredi prochain, aurait de nouvelles tâches devant elle. On a promis à la France et à l'Allemagne une aide dans toutes les décisions importantes. Le Premier ministre a mentionné que la Slovaquie pourrait se proposer d'accueillir l'une des institutions européennes qui devraient quitter le sol britannique après le départ officiel de la Grande-Bretagne et chercheraient à s'installer dans un autre pays membre de l'Union.
L'UE doit changer, selon le Premier ministre slovaque. D'après lui, l'Union a fait une erreur de base tout de suite après l'annonce des résultats du référendum quand se sont réunis les 6 Etats fondateurs de l'UE à Berlin, où l'on a débattu, sans la présence des autres pays membres, de l'avenir de l'UE. Il n'est pas possible, selon monsieur Fico, d'offrir une vision de l'UE sans les pays qui l'ont intégrée plus tard. L'UE doit changer de rhétorique et d'approche vis-à-vis des citoyens européens, sinon cela pourrait signifier sa fin.
Selon le politologue Tomas Koziak, la Slovaquie se retrouvera dans une situation difficile. Le gouvernement devra prendre des décisions concernant des dossiers avec lesquels il ne comptait peut-être pas jusqu'à maintenant. Si les autres pays qui présidaient l'UE avant ont eu la possibilité de s'inspirer de solutions prises par leurs prédécesseurs, les Slovaques sont dans une situation compliquée car aucune présidence n'a jusqu'à présent dû faire face à un tel cas de figure. Néanmoins, les devoirs les plus importants devront être remplis par des Etats membres plus influents que la Slovaquie.
Selon le politologue Samuel Abraham, la Slovaquie pourrait avoir quand même des obligations importantes. On va déterminer des stratégies. L'Europe n'est pas préparée à une telle situation.
Aux dires du chef de la diplomatie slovaque Miroslav Lajcak, contrairement aux Britanniques, les Slovaques perçoivent l'UE positivement. La Slovaquie est toujours persuadée que l'UE reste la meilleure voie pour le pays. Il souligne qu'elle a apporté la stabilité et des avantages pour ses citoyens. Lui aussi, il est persuadé qu'il faudra inévitablement dans l'avenir améliorer la communication entre les institutions européennes et les citoyens. La Slovaquie est prête à apporter son aide dans ce processus.
Le politologue Jan Baranek voit le rôle de la Slovaquie tout autrement. Il pense qu'en tant que pays qui préside l'UE, elle s'occupera d'autres dossiers. Résoudre les retombées du Brexit, ce sera le rôle des pays plus forts tels que l'Allemagne.