Milan Rastislav Štefánik, général français, co fondateur de la République tchécoslovaque a trouvé la mort le 4 mai 1919 dans un accident aérien. Celui-ci est survenu alors que Štefánik rentrait d’Italie où il se trouvait en mission pour prendre ses fonctions de ministre de la guerre du tout nouvel Etat Tchécoslovaque. Avec lui ont péri deux pilotes et un mécanicien italiens. Une semaine après ce dramatique accident, tous quatre ont été inhumés près du village natal du général à Bradlo dans les Carpathes Blanches.
Hier 23 septembre, 85 années se sont écoulées depuis l’inauguration du mausolé qui lui a été construit à Bradlo. La première pierre du monument fut posée par le ministre tchécoslovaque des affaires étrangères Eduard Beneš le 4 mai 1924. Pour sa construction une collecte publique avait été lancée. Elle a réuni la somme de 2 millions de couronnes apportés par les Slovaques tant ceux résidant au pays que ceux vivant à l’étranger. Le mausolée fait de travertin est situé sur une colline à l’altitude de 544 mètres. Il a fallu 280 jours à environ 200 ouvriers pour mener à bien sa construction.
Son auteur est l’architecte Dušan Jurkovič, ami d’enfance de Štefánik. Le mausolée se présente sur un plan rectangulaire d’orientation est-ouest, ce qui correspond à la situation initiale des quatre tombes. La base présente les dimensions de 93 m de long sur 62 m de large d’où s’élèvent deux escaliers. La partie supérieure pour sa part mesure 45 m sur 32 m, et comporte également deux escaliers. A chaque angle s’élève une colonne en forme d’obélisque hautes de 12m,50. Elles sont le symbole dédié aux quatre victimes de l’accident aérien, ainsi qu’aux quatre pays dans lesquels s’activait Štefánik . Les tombes de Štefánik et des deux pilotes italiens ne sont pas accessibles. Les dépouilles mortelles du troisième Italien ont été transportées dans son pays natal en 1921.
Le mausolée de Milan Rastislav Štefánik à Bradlo fait partie du sommet de la création des monuments de l’art funéraire commémoratif en Slovaquie. Cette oeuvre, entièrement restaurée entre 1988 et 1996, a été inscrite en 2009 sur la liste du Patrimoine européen.