Les ministres du V4 crient au chantage de la part de Bruxelles

Les ministres du V4 crient au chantage de la part de Bruxelles

Les ministres des affaires étrangères des pays du groupe de Visegrád, dit V4 et qui regroupe la Tchèquie, la Slovaquie, la Pologne et la Hongrie, se sont réunis hier et avant-hier à Prague. Ils se disent indignés de la proposition faite par la Commission européenne visant a obliger les États membres de l'Union européenne qui se refuseraient à accueillir le quota de réfugiés imparti par la commission à payer une amende de 250.000 € pour chaque réfugié rejeté. C'est le chef de la diplomatie hongroise Peter Szijjarto qui a émis la critique la plus acerbe en qualifiant la proposition de la Commission européenne de «chantage » et d' « impasse ». Le ministre de l'intérieur slovaque Robert Kaliňák a déclaré qu' « il s'agit d'un pas en arrière et qui ne respecte pas la réalité des faits ». Et d'ajouter que « nous nous efforçons toujours que les décisions soient prises par la plus grande majorité des pays possible. Je suis convaincu que cette proposition ne rencontrera pas beaucoup de succès au sein des pays membres de l'Union européenne ».

Pour revenir à la rencontre des chefs de diplomatie du groupe de Visegrád dans la capitale tchèque on peut constater que ses participants sont sur cette question unanimes et affichent une opposition totale à la politique des quotas décidée par Bruxelles. « Le système de quotas est une impasse et je voudrais demander à la Commission de ne pas s'engager dans cette voie sans issue », a conclu Peter Szijjarto, en insistant sur le fait que cette proposition était « inacceptable ». Le ministre de l'intérieur de la Pologne, Mariusz Blaszczak, partage cette opinion, en soulignant que celle-ci était contraire aux lois européennes. « Ce n'est pas un bon système. Cela n'a aucun sens, c'est une violation des droits des Etats membres de l'U.E. », a-t-il déclaré. Précisons que la Commission européenne a proposé le mercredi 4 mai d'instaurer « une contribution de solidarité » pour tout pays refusant la répartition automatique des demandeurs d'asile dans l'U.E., qui s'élèvera à 250.000 euros par personne. Cette somme sera reversée au pays qui accueillera un réfugié qu'aurait du prendre en charge un État membre refusant les demandeurs d'asile. C'est ce qu'a expliqué l'exécutif européen, en présentant une révision du règlement de Dublin qui fait le plus souvent peser sur le pays de première entrée la responsabilité de la demande d'asile.

L'objectif principal de la Commission est de redistribuer le poids de la crise migratoire parmi tous les Etats membres en utilisant un système automatique de quotas de prise en charge de demandeurs d'asile et en soulageant la Grèce et d'autres pays où arrivent la plus grande majoritè des réfugiés. Cette proposition devrait permettre de concrétiser le projet de l'U.E. de reloger 160.000 migrants. Jusqu'à present, elle n'est parvenue à en transférer moins d'un pour cent de ce chiffre. Les pays d'Europe Centrale sont opposés à cette proposition. Ainsi, la Pologne avec un quota de devoir acueillir 6.500 réfugiés devrait payer plus de 1 milliard d'euros si elle refusait de le faire. La Hongrie avec un quota de 1.294 personnes risquerait une amende de 323 millions d'euros. La Slovaquie, quant à elle, devrait payer une somme dépassant les 200 millions d'€.

Andrej Záthurecký Foto: TASR

Živé vysielanie ??:??

Práve vysielame