La vente, le dimanche constitue pour les grandes enseignes implantées en Slovaquie une partie de la politique commerciale, pour les autres, il s'agit plutôt d'une réaction au milieu concurrentiel. Il y a, bien sûr, des régions ou des villes où la vente le dimanche ne s'affirmait pas et elle y a été donc supprimée. Mais il est vrai que dans la majorité des cas, les clients ne considèrent pas les courses du week-end comme une nécessité mais comme une forme de distraction.
En Slovaquie, la vente au détail est interdite par la loi au Nouvel An, le Dimanche de Pâques, dans l'après-midi du 24 décembre, et le 25 décembre. Une exception est faite pour les stations d'essence, les pharmacies, les commerces dans les aéroports ou les vendeurs de souvenirs.
Il y a plusieurs années déjà, les deux plus importantes Églises en Slovaquie, l'Église catholique et protestante ont lancé une campagne pour interdire aux commerçants d'ouvrir leur magasin le dimanche. Leur objectif : consacrer ce jour à la vie spirituelle, à la famille, au délassement et au sport. Selon ces Églises, la tendance moderne qui conduit à profiter de chaque jour pour faire du commerce est en contradiction avec une tradition vieille de plus de 3000 ans.
Depuis plusieurs années, la question de l'interdiction de la vente dominicale surgit plus ou moins régulièrement dans la société. L'année dernière, les Chrétiens démocrates n'ont pas réussi à faire passer leur proposition d'élargir l'interdiction pour toutes les fêtes et les dimanches. Il y a quelques jours, le président du Parlement slovaque et chef du parti SNS Andrej Danko a réouvert cette question. Selon lui, la campagne contre la vente dominicale ne vise pas seulement les activités des hypermarchés mais aussi le travail dans le secteur de la construction ou d'autres domaines pour lesquels le travail dominical n'est pas inévitable. Par le passé, le SNS avait proposé un amendement au Code de travail réglementant le travail le dimanche et pendant les fêtes. Désormais, cette question pourrait être résolue par un accord entre les partenaires de la coalition.
Parmi ceux-ci, le parti gouvernemental slovaco-hongrois Most-Hid ne considère ce thème comme un problème social. Il indique l'exemple de la Hongrie où la vente dominicale a été interdite avant d'être récemment autorisée à nouveau. Le parti SMER-SD envisage de prendre position après la présentation du nouveau programme gouvernemental. #Sieť ne s'est pas prononcé pour le moment.
Les partis d'opposition sont tous contre. Ils veulent laisser la décision aux commerçants eux-mêmes, éventuellement trouver un compromis et introduire la fermeture aux heures où il y a le moins de clients. Ils déclarent que cette démarche signifierait la restriction des activités économiques, ce qui aurait pour conséquence des retombées économiques négatives. Le besoin de main d'œuvre baisserait et provoquerait une augmentation du taux de chômage et les recettes de l'Etat seraient moindres.
Aux dires de l'analyste de l'Agence pour la prospection du marché Lubomir Drahovsky, la réponse à cette question devraient être donnée par les consommateurs eux-mêmes lors d'une enquête dans les villes et villages. Il admet qu'actuellement une grande partie des consommateurs mais aussi des employés dans les commerces ne souhaitent pas changer la situation actuelle. Ces derniers ne veulent pas être privés des primes pour le travail durant les fêtes.
Quant aux Syndicats, ils s'apprêtent à lancer une large discussion d'experts à ce sujet. Si dans le passé, ils n'ont pas réussi à faire prévaloir l'interdiction de la vente dominicale, aujourd'hui, ils veulent trouver un compromis avec les commerçants. Au départ, ils envisagent de se mettre d'accord sur la fermeture des commerces lors des fêtes (jours fériés). L'Association des commerces et du tourisme voit la possibilité d'un accord avec les Syndicats, mais tout d'abord elle souhaite connaître l'avis des consommateurs.