La crise migratoire a exposé tout le système de fonctionnement de l'Union européenne à de fortes tensions générant une période de turbulances. Cependant, chez tous les leaders européens ainsi qu'au sein des institutions européennes, on ressent une nette détermination pour que le système Schengen de la libre circulation soit maintenu. C'est ce qu'a déclaré le vice-président de la Commission européenne pour l'union énergétique, Maroš Šefčovič.
Dans un entretien exclusif pour la RTVS, M. Šefčovič a souligné qu'à l'heure actuelle, l'UE s'efforce d'engager des réformes afin d'assouplirles effets de la crise migratoire. Il s'agit de différentes dispositions pour accorder l'asile aux demandeurs potentiels, sont engagées des réformes sur les procédures appliquées au flux de migration légal et sont adoptés des mesures pour lutter contre la migration illégale. « C'est un grand appel pour toute l'UE, mais je pense que chacun au sein de l'Europe est bien conscient de l'importance du système Schengen », a-t-il déclaré pour la RTVS.
L'eurocommissaire slovaque a rappelé qu'il garde le souvenir très vif des temps où il lui fallait obligatoirement demander un visa de Schengen et attendre des heures aux passages frontaliers pour des contrôles de passeports et de douane. C'est pourquoi à ses dires, le retour à un tel système serait une catastrophe et cela non seulement du point de vue du confort individuel des personnes, mais aussi du point de vue des impacts économiques négatifs pour les Européens, dont entre autres les citoyens slovaques.
Maroš Šefčovič a rappelé également qu'aujourd'hui, toutes les grandes entreprises européennes fonctionnent sur « un système de chaine à flux tendu » et cela grâce aux fournitures transfrontalières des marchandises. Ainsi, il a souligné que la Slovaquie en est un bon exemple, puisque chaque année, on y produit plus d'un million de véhicules, et les marchandises sont livrées dans des usines automobiles selon le principe du ''just in time'', tout comme elles quittent la Slovaquie vers d'autres pays membres de l'UE sans entraves.
« Toute restriction de la liberté de la circulation aurait des conséquences funestes à l'essor de l'économie européenne et selon les premières estimations, cela pourrait conduire à une perte de plus de 100 milliards d'euros par an. A l'heure actuelle, on ne peut pas se le permettre », a souligné le commissaire européen slovaque.