«Le sel vaut plus que l’or». Tel est le titre de l’un des contes populaires slovaques qui est, depuis de longues générations, l’un des plus connus des enfants slovaques. On le leur avait d’abord raconté, plus tard – grâce à la diffusion du livre – l’aura t-on lu ou l’auront-ils lu eux mêmes, pour que finalement – au 20ème siècle – il soit porté à l’écran.
On peut dire sans exagérer qu’il n’existe aucun Slovaque qui n’ait jamais entendu parler de cette histoire magique des trois filles d’un roi, désireux de connaître la force de leur amour envers leur père. Par la suite et après de nombreux péripeties, ce dernier s’aperçoit que c’était bien la plus jeune d’entre elles, qu’il a au départ chassée du royaume pour avoir «chiffré» son amour pour lui au «prix de sel», alors que ses deux sœurs aînées l’évaluaient à celui d’or et de bijoux, dont l’amour était le plus pur et le plus fort. Cette introduction un peu inhabituelle pour le gros plan est cependant nécessaire pour vous faire comprendre l’indignation et le regret exprimés par les médias slovaques mais aussi par les citoyens ordinaires voici quatre ans, au moment où la plus ancienne mine de sel sur le territoire slovaque, Solivar à Prešov, ville à l’Est du pays, allait fermer. Réaction qui n’avait rien de surprenant si l’on considère que cette mine a fonctionné sans interruption depuis 1570, approvisionnant en sel de haute qualité, l’une des meilleures en Europe, tout l’Empire austro-hongrois. En 2009, la société Solivary Prešov, produisant 100 milles tonnes de sel par an à destination des industries alimentaire, chimique ou pharmaceutique, s’est retrouvée en cessation de paiements, a dû cesser son activité et licencier ses 155 employés.
Or, il apparaît probable que les Slovaques pourront bientôt retrouver la satisfaction de pouvoir consommer le sel provenant de leurs propres richesses naturelles. La société tchèque Energochemica, connue en Slovaquie pour avoir sauvé l’activité de l’entreprise chimique de Nováky s’étant trouvée au bord de la faillite, s’engage prochainement à effectuer une prospection de la localité près du village Zbudza non loin de l’ancienne mine de sel Solivar. Bien que la société ne souhaite pas pour le moment communiquer sur les détails de son projet, sa porte-parole Anna Vojteková a informé que si «la prospection montre que les réserves souterraines de sel se révèlent suffisantes, nous pourrons reprendre son extraction».