L’anniversaire qui ne se fête pas

L’anniversaire qui ne se fête pas
Aujourd'hui, le 14 mars, 77 ans se sont écoulés depuis la création de l'Etat slovaque de guerre. Ces jours-ci cet évènement éveille des réminiscences dans la société slovaque plus que les autres années. Ceci d'autant plus qu'après les élections législatives du 5 mars dernier, prennent place au Parlement des députés du parti controversé, considéré extrémiste de Marian Kotleba, le Parti populaire Notre Slovaquie. Parti, qui manifeste ouvertement ses sympathies vis à vis de cet ex-Etat.

Les Eglises qui agissent en Slovaquie sont coresponsables d'avoir favorisé l'entrée au Parlement de ce parti extrémiste qui dissimule sa haine derrière un discours chrétien. C'est ce qu'ont déclaré dans une lettre ouverte plusieurs personnalités de la vie chrétienne et sociale en réaction au succès électorale du parti Kotleba-Parti populaire Notre Slovaquie. Presque 40 signataires ont exprimé ainsi leur inquiétude face à la discrétion des Eglises quant à la condamnation de l'abus de la foi chrétienne pour la propagation de l'extrémisme.

Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, la naissance de la République slovaque de guerre le 14 mars 1939 est un sujet controversé qui suscite de nos jours encore des réactions antagonistes aigues. Si pour la majorité de la population slovaque, le 14 mars est devenu symbole de l'un des évènements les plus tragiques dans l'histoire de la Slovaquie, où une partie des citoyens slovaques a été privé des droits fondamentaux de l'homme, exposé aux répressions, assassinats, et pire encore déportations aux fins d'extermination, il n'en reste pas moins qu'existent encore une frange de la population nostalgique de cette époque où l'économie slovaque était florissante. C'est aux historiens qu'appartient ce travail de recherche objective pour déterminer ce qui était la part de la volonté strictement slovaque et celle qui lui a été imposée de l'extérieur, bref, la période de l'existence de l'Etat slovaque de guerre demeure encore à traiter d'une façon fouillée et objective par les historiens.

Rappelons que, le 30 septembre 1938, le Français Daladier, le Britannique Chamberlain et l'Italien Mussolini signent avec Hitler les accords de Munich. Par ceux-ci l'emprise de l'Allemagne nazie va s'étendre aux territoires polonais puis de la Tchécoslovaquie. Par ces honteux accords les grandes puissances ont en effet reconnu la Tchécoslovaquie comme sphère d'influence allemande. La Tchécoslovaquie perd ainsi un tiers de sa superficie et 34% de sa population. Une grande partie de l'industrie et des ressources tchécoslovaques tombent aux mains de l'Allemagne. Tandis que la partie tchèque se trouvait placée sous Protectorat allemand, la partie slovaque de la Tchécoslovaquie se voit elle-même ramenée aux frontières antérieures au traité de Trianon de 1920, la Hongrie ayant obtenu suite à l'arbitrage dit du belvédère à Vienne, le rattachement de la partie sud du territoire slovaque, sur l'autre rive du Danube. Le sort de la Slovaquie s'est trouvé entièrement aux mains de Hitler. Face à la représentation politique slovaque, l'Allemagne a mené une politique de promesses et de menaces autrement dit celle de la carotte t et du bâton. Soit, la Slovaquie, sous réserve de se séparer de l'Etat commun, pourrait compter sur un soutien économique allemand, soit elle resterait à la merci des revendications territoriales de la Pologne et de la Hongrie. Le 13 mars 1939, Adolf Hitler convoque à Berlin le Premier Ministre du Gouvernement slovaque Jozef Tiso et lui enjoint de choisir d'ici au lendemain 12 heures, entre la solution de proclamer son indépendance sous la tutelle allemande, soit la refuser et auquel cas elle serait abandonnée à son sort. Le 14 mars, le Parlement en approuvant l'instauration d'un nouvel Etat et l'indépendance de la Slovaquie, s'est soumis à l'ultimatum. L'autre alternative ne pouvait constituer que la perspective d'une résistance courte et sans espoir. La rive droite du Danube, ancien faubourg de Bratislava, était déjà occupée par l'armée allemande. En mars 1939, un nouvel Etat est donc apparu sur la carte de l'Europe. L'Etat slovaque a été reconnu sinon de iure au moins de facto par toutes les puissances européennes (Allemagne, Italie, France, Grande Bretagne, Japon, l'URSS), mais également par beaucoup d'autres Etats du monde entier. 4 jours seulement après la naissance de l'Etat slovaque, son Gouvernement a dû signer un pacte pour une relation protectrice entre le Reich allemand et l'Etat slovaque. Dans son cadre, la Slovaquie s'est engagée, entre autres, à mener une politique étrangère en conformité étroite avec celle du Gouvernement allemand, et avoir en poste dans les ministères des « conseillers » allemands.

La période de l'existence de l'Etat slovaque de guerre demeure encore à traiter d'une façon complexe et objective par les historiens. Mais ce qu'on peut dire sans se tromper, est, qu'à cette époque-là, aucun des partis politiques en Slovaquie n'avait dans son programme l'idée de l'indépendance, de la séparation de la Slovaquie de la première République tchécoslovaque, tout en revendiquant son autonomie au sein de celle-ci. L'Etat slovaque né le 14 mars 1939 de la volonté d'Adolf Hitler.

Tatiana Minarovičová Foto: TASR

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