Voici deux jours nous vous avons donné des informations sur le sommet des quatre pays du groupe de Visegrád, constitué de la Tchèquie, la Slovaquie, la Pologne et la Hongrie, qui s'est tenu à Prague et dont le thème principal était la crise de l'immigration. Parallèlement le groupe V4 a fêté ce 16 février les 25 années de son existence. Ce fait mérite bien que l'on s'y arrête. C'est pourquoi nous lui consacrons notre Gros plan d'aujourd'hui.
Selon les commentateurs le fait même que la coopération sous forme d'association des quatre pays ait pu perdurer depuis vingt-cinq ans doit être considéré dans le contexte historique de la région d'Europe Centrale comme un succès. Parmi les plus grands atouts de cette coopération s'inscrit la stabilisation de la région ainsi que le fait que le groupe V4 a contribué à éliminer les tensions bilatérales entre les pays membres et a su acquérir une forte dimension européenne. Au moment de sa création en février 1991, le groupe composé initialement de trois, puis quatre pays - la Tchécoslovaquie ne s'étant divisée en deux États indépendants qu'en 1993 - fut perçu comme un facteur de stabilité dans sa région et ceci d'autant plus que précisement à cette période le Sud de l'Europe était ravagé par la guerre en ex-Yougoslavie. Les débuts de l'existence du groupe de Visegrád étaient également caractérisés par une évolution politique compliquée dans plusieurs États et des relations bilatérales parfois tendues. Néanmoins, au fil du temps les points de tension ont pu être surmontés et la règle établie au sein du groupe V4 « stipulait » que les questions ouvertes au niveau bilatéral n'intervenaient pas dans la coopération au niveau du groupe. Ainsi, par exemple, la période plus tendue dans les relations slovaco-hongroises entre 2006 et 2010 n'avait pas d'impact sur la coopération au sein du groupe V4. Malheureusement, ainsi que le rappelle l'analyste de la Société slovaque pour la politique étrangère Tomáš Strážay, aucun de ces succès n'est garanti sur le long terme. Et de souligner que l'avenir positif du groupe dépend de la volonté des pays qui le forment à cultiver leur coopération pour qu'elle constitue un apport, non seulement pour eux mêmes, mais pour toute l'Europe. Il apparaît que même aujourd'hui ce rôle d'élément stabilisateur régional revient toujours au groupe de Visegrád. En effet, bien que la guerre en ex-Yougoslavie s'inscrive dans le passé plusieurs pays du Sud-Est sont toujours confrontés à une instabilité politique et économique et ne sont pas entrés dans les structures européennes. Quant à ce qui se passe à l'Est des pays de Visegrád, avec le conflit russo-ukrainien qui se poursuit toujours, la situation y est encore pire. « La force de persuasion douce » dont dispose le groupe V4, celle de la diplomatie, peut contribuer à apporter une certaine amélioration dans les deux cas. Toutefois, sans la participation des autres acteurs ses capacités restent limitées.