La Slovaquie réclame plus de temps pour expliquer à la Commission européenne, pour quelle raison elle a pris la décision d'interdir l'exportation de ses ressources en eau potable. Cette prise de mesure a été discutée au niveau européen suite au recours fait par une société polonaise devant la Commission européenne, à laquelle les institutions slovaques ont refusé l'autorisation de puiser l'eau d'une source via une canalisation aboutissant sur le territoire polonais. Suite à la requête des entrepreneurs polonais du secteur concerné, la Commission européenne, en décembre dernier a engagé une procédure juridique contre la Slovaquie. A ce titre, la Commission européenne avance que de la sorte en s'opposant à l'exportation de ses eaux potables dans des citernes ou via des canalisations, la Slovaquie enfreint la libre circulation des marchandises. Ainsi, la Commission européenne présume que l'interdiction constitutionnelle slovaque sur l'eau en vrac est en contradiction avec les règles européennes du marché intérieur. Le ministère slovaque de l'environnement devait faire parvenir sa réponse à la Commission européenne pour le 10 février, cependant, il a demandé une prolongation de délai à laquelle la CE a satisfait .
Le porte-parole du ministère précise que, la société polonaise a voulu construire une canalisation souterraine passant sous la rivière Poprad et aboutissant en Pologne pour prélever l'eau minérale slovaque et consécutivement la conditionner en bouteilles sur son propre territoire. C'est la commission nationale des eaux thermales qui a eu à traiter le dossier de demande d'exportation de cette eau en Pologne. Après étude en janvier 2015, elle l'a refusée se réfèrant à la constitution qui depuis décembre 2014 ne permet plus l'exportation de l'eau potable en tant que matière première. A noter que cette interdiction ne concerne pas les produits conditionnés, les fornitures au titre d'aide humanitaire ou la consommation personnelle. Aux dires du porte-parole du ministère de l'environnement, la société polonaise s'est vue proposer d'installer son usine de mise en bouteilles sur le territoire slovaque, ce qui aurait engendré la création de nouveaux emplois dans la région de la Slovaquie de l'Est. Il a souligné que la notion de libre circulation n'est pas valable dans l'absolu qu'elle peut comporter des restrictions lorsqu'elle repose sur des motifs de protection de l'environnement, de santé et de sécurité. Selon ses propos, la Slovaquie insiste toujours sur le fait de son droit fondamental de protéger ses sources et réserves d' eau potable et qu'elle n'agit pas de manière discriminatoire.