Auparavant, c'était le niveau d'études qui constituait la ligne de partage entre les électeurs des deux grands rivaux à la fin des années 1990 : d'un côté, le parti HZDS du sulfureux Premier ministre Vladimír Mečiar dont la politique a mis en danger le projet d'adhésion de la Slovaquie à l'Union européenne, et d'un autre le SDKU dirigé par celui qui est devenu par la suite son successeur au poste de Premier ministre, à savoir Mikuláš Dzurinda. Ainsi, un mythe a vu le jour, soit celui d'une élite diplômée de l'enseignement supérieur votant à droite et des masses incultes qui, elles, voteraient à gauche. Ce sont avant tout les discussions sur internet où pullulent de telles opinions qui ont répandu cette idée reçue. Néanmoins, l'Office national de statistique a constaté qu'en 2011, au moment du recensement de la population, 13,8% des Slovaques avaient fini les études supérieures, soit près de 750 mille personnes. Ce chiffre serait actuellement encore plus élevé puisqu'entre 2001 et 2011 le nombre de personnes ayant obtenu un diplôme du supérieur s'est accru de 250 mille. Comment donc votent ces Slovaques éduqués ?
Selon les données recueillies par l'agence Focus, 9,2% des personnes appartenant à ce groupe de citoyens déclaraient ne pas avoir l'intention de participer aux élections législatives, 13,3% n'ont pas encore pris de décision et 77,5% envisagent plutôt d'aller aux urnes. Un tiers de ces derniers entend accorder son suffrage au parti du Premier ministre actuel Robert Fico, Smer-SD. Aucun autre parti politique n'avait réuni autant d'électeurs diplômés de l'enseignement supérieur. Il n'est donc pas vrai que Robert Fico ne parvient pas à attirer les électeurs éduqués même si ce résultat laisse relativement à désirer par rapport au nombre total de ses électeurs. Par exemple, pour le parti Sieť, en français Réseau, du jeune avocat Radoslav Procházka, les intentions de vote le concernant se situent autour de 13%, 19% de ses électeurs potentiels ayant obtenu un diplôme du supérieur.
La sociologue Oľga Gyarfášová confirme le bien-fondé de ce mythe puisqu'il y a entre 18 et 15 ans, c'était bien le niveau d'études obtenu qui était une sorte de ligne de partage entre le HZDS et le SDKU. Toutefois, après l'affaiblissement du SDKU, ce clivage a disparu et les électeurs diplômés se sont tournés vers d'autres partis, et pas seulement ceux de droite. En effet, depuis plusieurs années la droite slovaque s'est émiettée et peine à parler d'une seule voix unie qui pourrait lui assurer une position de poids face au parti Smer-SD.