Ce premier mars 2020, le paysage politique de la Slovaquie change après les élections législatives qui ont eu lieu hier, le 29 février 2020. Après des années d'hégémonie du parti SMER-SD présidé par Robert Fico, nommé trois fois premier ministre depuis 2006, hormis la période entre 2010 et 2012, la liste de ce parti a été devancée pour la première fois dans des législatives par celle issue de l'opposition parlementaire dans la législature précédente. En effet c'est la liste de OLANO, mouvement politique Les gens ordinaires et les personnalités indépendantes dirigée par Igor Matovič qui a remporté les élections recueillant 25,03 % des suffrages. Ce pourcentage apporterait au mouvement de Igor Matovič 53 sièges au parlement.
La seconde position est occupée par la liste du parti SMER-SD qui a subi en l'occurrence sa première et très nette défaite électorale depuis sa création, ne voyant se porter sur son nom que 18,29 % des suffrages exprimés, lui apportant 38 sièges. Loin derrière se classe avec 8,24 % des voix le parti Sme rodina de Boris Kollár qui compterait 17 députés. Avec la même représentation parlementaire de 17 députés, s'affiche le parti d'extrême droite, LSNS enregistrant 7,97 % des voix. SaS, Liberté et solidarité mené par son leader Richard Sulík a vu se porter vers lui 6,22 % des suffrages lui ouvrant la porte du parlement pour 13 députés. Le dernier parti à pouvoir se prévaloir d'entrer à ce parlement est celui de l'ancien président Andrej Kiska, Za ľudí - pour les gens qui a obtenu 5,77 % des suffrages et auquel reviendraient 12 sièges au Conseil national de la République slovaque. Le grand battu de ces élections est la coalition des partis PS/SPOLU qui a atteint 6,97 % de voix mais représentant une coalition de 2 partis, il lui était nécessaire de réunir un minimum de 7% des suffrages exprimés pour prétendre être représenté dans l'hémicycle. Plus de 200 780 électeurs se sont prononcés en sa faveur et il lui a manqué 925 voix pour franchir le seuil précité requis. Un autre parti traditionnel n'a pas non plus atteint son objectif, le KDH, Parti chrétien démocrate qui est resté derrière les portes du parlement slovaque avec 4,65%.
Quant aux deux partis qui ont participé à la majorité gouvernementale sortante, le SNS avec à sa tête le président du Conseil national de la République slovaque Andrej Danko n'a obtenu que 3,16 % de suffrages exprimés et le parti Most-Hid dirigé par Béla Bugár n'a vu que 2,05 % d'électeurs à lui apporter leur confiance. Ce dernier a représenté au parlement les minorités vivant en Slovaquie, surtout celle hongroise, la plus nombreuse. Un autre rassemblement des partis représentants les citoyens d'origine hongroise vivant en Slovaquie, le MKS, sort des élections avec 3,91 % des suffrages exprimés. Il en résulte que ce sera pour la première fois depuis 30 ans que cette minorité ne sera pas représentée au parlement slovaque.
La participation aux élections a été 65,8 %, la plus élevée depuis 2002 qui à l'époque avait réuni 70,06 % de l'électorat pour exprimer son choix. En 2016, la participation s'était limitée à 59,82%, en 2012 à 59,11 % , en 2010 58,83% et en 2006 à seulement 54,67 %. En tout, 2 millions 916 mille 840 citoyens ont utilisé leur droit de vote et se sont rendus aux urnes et ont déposé 2 millions 881 mille 511 bulletins valables.